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Chine (Partie 6) – Beijing et la Grande Muraille

Nous partons de Zhangye en milieu d’après-midi et faisons un trajet de 28h en hard-sleeper pour rallier Beijing. Deux parents et leurs enfants font le même trajet et ont les couchettes en dessous de nous. Nous passons un excellent moment à apprendre aux enfants une version simplifiée de la bataille corse puis ils nous apprennent un jeu de carte chinois (nous ne connaissons malheureusement pas le nom).

Le trajet passe relativement vite (dodo, jeux de cartes, repas, écriture du blog, triage du million de photos que l’on prend par jour, etc…) et sans nous en rendre compte, nous avons déjà fait 2000km. Dès la sortie du train nous sommes étouffés par la chaleur et la pollution ambiante : bienvenue au centre-ville de Beijing !

Nous trouvons notre auberge assez rapidement et nous attaquons tout de suite à la tâche de la soirée : imprimer les papiers nécessaires à l’obtention de nos visas Mongols. Après avoir galéré pour tous les obtenir (notamment la lettre d’invitation, obligatoire si vous faites votre demande de visa à Beijing), nous galérons pour les imprimer. Personne dans cette auberge ne semble capable de faire fonctionner une imprimante correctement (ni de faire une photocopie de passeport d’ailleurs) et nous passons plus de 2h pour réaliser quelques impressions. On finit tout de même par y arriver !

Le lendemain, nous déposons nos dossiers à l’ambassade et filons faire un tour à Decathlon. Une visite à part entière (elle devrait être dans le lonely planet) ! La population locale vient au decathlon pour profiter du matériel d’exposition : une mamie qui fait son aérobic pendant une heure avec sa serviette autour du cou, des papis jouant aux cartes sur les tables et chaises de camping, pendant que leurs femmes cassent la croûte avec les petits enfants dans les tentes, sans oublier les parties de football dans les allées 🙂

Nous trouvons toutes les choses qui nous manquaient, rentrons à l’hôtel déposer le tout avant de retrouver Tristan et Martina en fin d’après-midi.

Nous passons un bon moment ensemble dans l’un des marchés touristiques de Beijing où sont vendues toutes sortes de nourriture (scorpions grillés, pinces de crabes frites, etc.) et de souvenirs. Un peu artificiel mais très amusant !

   

Nous regardons un spectacle de rue puis nous ne rentrons pas trop tard car le lendemain, nous partons pour la grande muraille !

La grande Muraille de Chine

Il existe de nombreuses sections pour aller marcher sur la grande muraille :

  • Les parties restaurées ou semi-restaurées qui sont ouvertes au public comme Badaling (la première partie a avoir été restaurée, la plus connue et la plus proche de Beijing), Mutianyu, Jinshanling, Xishuiyu (« the water great wall ») etc.
  • Les parties non restaurées qui sont officiellement non autorisées mais officieusement empruntées par beaucoup de monde (les agences de voyages proposent des treks sur ces parties) tels que Huanghuacheng, Jiankou, Gubeikou, etc.

Nous avions choisi d’aller voir le mur à Jinshanling, une partie semi-restaurée, assez éloignée de Beijing mais celle-ci a fermé ses portes au public le 1er juin 2017 pour rénovation. En se renseignant un peu plus, nous nous rendons compte que ce n’est pas tant la distance qui joue sur le monde mais la difficulté de la marche ainsi que l’accès en transport public.

Afin de profiter le plus possible du mur, nous choisissons de marcher sur plusieurs sections : Huanghuacheng, Jiankou et Mutianyu. Pour savoir comment se rendre à ces sections du mur par transport public, rendez-vous sur notre page «Se rendre à la grande muraille en transports publics ».

 

De Huanghuacheng au village de Xishuiyu

Le bus nous dépose sur le bord de la route, et armés de notre GPS (avec l’application MAPS.ME), nous trouvons sans peine le petit sentier qui monte vers la muraille. Cette section n’étant officiellement pas autorisée, nous sommes arrêtés par un petit vieux qui nous demande de le payer 5 Yuans par personne pour pouvoir continuer (c’est lui qui a aménagé le chemin).

Lorsqu’on arrive pour la première fois sur la muraille, on ne peut qu’en avoir le souffle coupé. C’est grand, très grand, et il est assez difficile de décrire ce que l’on ressent à la voir continuer sur la crête des montagnes à perte de vue. Alors que nous nous apprêtons à repartir, un petit groupe de touristes Chinois essaie d’entamer la discussion avec nous. L’un d’entre eux tient absolument à nous faire une démonstration de Tai Chi et de Kung Fu, ce que nous admirons avec un sourire jusqu’aux oreilles. Un moment un peu improbable et très mémorable !

En montant, nous pouvons voir de loin une partie immergée de la muraille. Lorsque celle-ci n’était pas considérée comme un monument, certaines parties ont été immergées au profit de barrages. C’est aujourd’hui ce qui s’appelle le « water great wall » 🙂

La randonnée est assez difficile, d’une part par l’inclinaison des pentes (pas toujours avec des escaliers) et d’autre part à cause du soleil. Les seuls endroits avec un peu d’ombre sont les tours de gardes et entre chaque nous peinons à avancer sous le soleil. D’un autre côté nous n’avons pas été les plus malins à marcher entre 11h et 16h…

Nous ne rencontrons que deux ou trois groupes sur le chemin, dont un groupe d’expatriés qui chaque week-end vient s’amuser sur la grande muraille : alors que nous sommes tout transpirants et à la limite de ramper sur le mur pour pouvoir continuer à avancer, nous sommes dépassés par 3 hommes torse nu rouges comme des écrevisses en train de courir dans tous les sens l’air un peu affolé et criant « On l’a perdu ! ». Un peu étonnés, nous leur demandons ce qu’ils ont perdu et si on peut les aider à le retrouver. Ils nous expliquent qu’ils participent en fait à un jeu de piste géant, où un premier groupe part sur le mur et indique à la craie leur passage avec des indications pour que la deuxième équipe puisse les retrouver. Ça donne une vingtaine de tarés à courir sous le soleil en recherchant des marques énigmatiques sur la grande muraille, avec seulement une demi bouteille d’eau pour tenir l’après-midi… Fun, mais pour les autres 😀

La fin de cette section de la grande muraille, en s’approchant de Xishuiyu, est de plus en plus sauvage.

Elle se termine de manière assez spectaculaire, avec une dernière tour surplombant le village, le barrage et la partie restaurée suivante. La muraille à cet endroit est en grande partie effondrée et impraticable, et il faut donc suivre un petit chemin à travers les bois qui descend à pic jusqu’au village. Une fois arrivés dans notre auberge, nous nous effondrons comme des masses dans notre lit, nous rendant compte que nous avons pris un bon coup de chaud à marcher sous ce soleil de plomb. Le jeu en valait la chandelle !

De Jiankou à Mutianyu

Le lendemain matin, nous prenons un premier bus pour rejoindre Huairou, la ville qui sert de plateforme de transports en commun pour la muraille, puis un autre bus pour Xizhazi, petit village en contrebas de cette section de muraille réputée pour être la plus sauvage. Nous avons prévu de passer une nuit sur la muraille, ce qui est techniquement illégal, mais est le seul moyen pour voir un coucher et un lever de soleil. Nous traînons donc dans le village jusqu’à 15h, et partons chargés comme des mulets en eau et un plat « à emporter » que nous avons pris avant de partir de Xizhazi.

Sur le chemin pour accéder à la muraille nous croisons des personnes vraiment très chargées : l’un porte 4 chaises (non pliantes) sur son dos, un autre une table, une femme les suit en portant à bout de bras deux vases avec des beaux bouquets et l’eau qui va avec.

Plus loin nous voyons un autre homme chargé de vaisselle (encore une fois, pas de la vaisselle en plastique) dans des caisses qu’il a empilées et mises sur son dos. C’est un « dîner sur la grande muraille » organisé par une agence. En Chine, tout est possible tant qu’on a de l’argent.

Une fois en haut, nous payons nos 5 Yuans pour emprunter l’échelle d’un local et accéder à la muraille. Après quelques minutes de marche, nous entendons une femme chanter de façon lyrique au loin. Sa voix résonne dans toute la vallée et nous nous installons en haut d’une tour pour l’écouter. Après le Kung-Fu, la chanteuse d’opéra ! Elle s’arrête de chanter lorsque « Monsieur table » arrive, suivi de leur repas.

Nous marchons en direction de Mutianyu, sur une portion du mur souvent effondrée, complètement sauvage, avec des paysages sublimes : une des plus belles choses que nous ayons jamais vues.

Le chemin est difficile (il faut un peu escalader par moments, et il y a quelques endroits où il faut chercher le chemin), mais faisable.

Au niveau des quelques endroits où il serait trop dangereux de passer sans matériel approprié, les locaux ont installé des échelles (5 yuans/personne) et restent là toute la journée. Ce sont des petits vieux très mignons et si vous n’avez pas de cash, pas de soucis, vous pouvez les payer électroniquement en utilisant l’application WeChat (équivalent de WhatsApp en Chine) 😀 Ils connaissent bien le chemin jusqu’à Mutianyu et sont ravis de donner des conseils.

Après 2 heures de marche époustouflantes, nous arrivons à la tour de Zhongbeilou, qui est en très bon état. Nous y rencontrons Kateleen, Susana, Patrick et Fabio, qui ont décidé de passer la nuit à cet endroit.

Comme le courant passe bien entre nous et que nous ne savons pas trop ce qui nous attend après, nous décidons de nous arrêter là pour aujourd’hui et de passer la soirée ensemble. Cela s’est avéré être une très bonne décision puisque nous avons bien ri, bu du vin « the great wall », partagé nos repas et discuté jusque tard dans la nuit.

Le seul point négatif de cette soirée est la brume qui s’était installée peu à peu sur les montagnes, masquant le coucher de soleil.

Quelques heures de sommeil plus tard, nous nous réveillons pour voir un lever de soleil en partie dégagé. Nous n’avons pas pu avoir tout l’éclat des couleurs qu’un ciel dégagé et non brumeux aurait offert, mais la lumière était tout de même très belle, et une mer de nuages s’était installée dans la vallée en contre-bas.

Nous entamons la marche vers 6h et arrivons assez rapidement à la section restaurée de Mutianyu. La jointure entre les 2 portions de la muraille est barrée par un petit muret (60cm de haut), par dessus laquelle il faut passer.

Mutianyu

Le grand avantage de pénétrer dans Mutianyu par cette entrée est qu’il est possible d’y être bien avant l’ouverture (8h30 par l’entrée officielle). Nous avions la muraille pour nous tous seuls, avec le soleil encore bas, projetant une lumière matinale somptueuse.

Nous avons trouvé cette partie restaurée moins vertigineuse que Jiankou. Elle reste très impressionnante et permet d’avoir une idée de ce à quoi la muraille avait dû ressembler quand elle venait d’être construite (mis à part les téléphériques, le toboggan et la tyrolienne bien sur) 🙂

Une fois les premiers visiteurs arrivés, nous sommes discrètement sortis comme si de rien n’était et avons pris le bus pour rejoindre Beijing.

Le musée national de Chine

Nous n’allons pas nous éterniser à parler de ce musée. Pour y entrer, il a fallu être patient et une fois à l’intérieur, il a fallu être patient. Outre le monde, très peu d’informations sont traduites en anglais et il n’y a pas d’audioguide disponible. La partie sur l’histoire de la Chine est organisée en sections d’ordre chronologique mais les items semblent être là de façon un peu aléatoire et parfois mélangés dans les siècles.

La partie intitulée «Collection de design architectural du musée national de Chine » décrit …. les différents plans architecturaux du bâtiment du musée national de Chine, ainsi que tous les plans envisagés pour ce musée (et il y en a eu beaucoup). Mais pour rendre justice à cette expo, le bâtiment en lui-même est très beau et imposant. Vous l’aurez compris, on n’ a pas été les plus grands fans de ce musée mais un coup d’œil peut y être intéressant, ne serait-ce que pour voir l’intérieur du bâtiment.

 

Le canard laqué

Durant la dynastie des Ming, le canard laqué était un des plats principaux du menu de la cour impériale. Une tradition culinaire de Beijing à ne pas louper !

Une fois le canard commandé, le cuisinier se met à le découper et prépare plusieurs assiettes contenant les différents morceaux devant le client. Sont servies avec des galettes de riz dans lesquelles on roule la viande accompagnée de concombre, ciboule et de sauce.

A deux, nous n’avons pas réussi à tout finir 🙂

 

Le spectacle d’acrobatie du théâtre de Chaoyang

Nous devions aller visiter le palais d’été, mais le temps en a décidé autrement : une forte pluie de plus de 40h ne nous a pas donné la motivation d’aller nous balader dans un parc et nous avons décidé d’aller voir un spectacle à la place.

Le théâtre de Chaoyang est utilisé à des fins touristiques avec un spectacle d’une heure, en représentation 3 fois par jour, 7j/7. Les acrobates sont impressionnants, avec comme clou de spectacle des motos roulant en même temps dans une sphère en métal (ils finissent à 8 dedans!). La réalisation quant à elle laisse un peu à désirer : les musiques ne sont pas en rythme avec le spectacle, il n’y pas de transitions entre les numéros et les 5 premières minutes consistent en un film des meilleurs moments du spectacle ce qui enlève un peu de surprise. Ce n’est pas un spectacle parfait, mais les acrobaties sont suffisamment impressionnantes pour prendre le temps d’aller les admirer.

La cité interdite

Quasiment impossible de passer à Pékin sans aller y faire un tour, la cité interdite est l’un des sites historiques les plus visités au monde. On s’en rend bien compte lorsque l’on arrive à la station de métro de Tiananmen : 20 minutes avant l’ouverture, il y a déjà un monde fou.

Petite astuce pour de futurs voyageurs : n’hésitez pas à venir bien avant l’heure d’ouverture (1h au moins en été) pour passer les contrôles de sécurité et acheter votre billet avant que les portes de la cité ne s’ouvrent.

Grâce à la pluie de la veille (et avant-veille), la pollution a chuté de façon drastique et le ciel nous apparaît enfin bleu !

Située en plein cœur de Beijing, la cité interdite fut la résidence impériale pendant les dynasties Ming et Qing, de 1368 jusqu’à 1911. Il était formellement interdit d’y pénétrer sans autorisation spéciale de l’empereur, d’où son nom. Toute personne ne respectant pas la règle était exécutée sur-le-champ. Il s’agit du plus grand complexe palatial au monde, couvrant 74 hectares. La cité est entourée de douves de 52 mètres de larges, et d’un mur d’enceinte de 10 mètres de haut. Elle contient de grandes places, plusieurs palais et environ 8700 pièces/chambres au total. Pas mal, hein ?

Ornée d’un gigantesque portrait de Mao, l’entrée dans la cité interdite est impressionnante. Une fois à l’intérieur, l’espace est tellement grand que cela nous permet de respirer après la foule des contrôles de sécurité.

Sur l’allée centrale, la foule est omniprésente : c’est l’une des pires que nous ayons vu en Chine (à peu près au niveau de celle de Zhangjiajie). Il faut faire la queue sur les 960m qui relient l’entrée (au sud) à la sortie (au nord) de la cité, et les touristes ne sont pas les plus tendres entre eux…

Pour profiter au maximum de notre visite, nous évitons de nous concentrer sur les énormes palais et halls de l’allée centrale et passons plus de temps dans la myriade de palais et pavillons secondaires qui jalonnent le reste de la cité (beaucoup moins visités et très beaux également).

L’exposition sur les peintures et la calligraphie Chinoise (qui se situe dans le «Hall à la gloire militaire») a été notre coup de cœur de la visite. À ne pas louper !

Sur les milliers de pièces que contient la cité, toutes ne sont pas ouvertes au public, des rénovations sont en cours pour ouvrir le plus de pièces possible. Les palais ne sont pas accessibles (vous pouvez voir l’intérieur par les fenêtres) car le sol actuel serait abîmé par le piétinement des 14 millions de visiteurs qui passent par là chaque année. Pas de soucis, il y a tout de même bien assez de pièces ouvertes et d’expositions pour vous occuper toute une journée et plus si affinité 🙂

4 reflexions sur “Chine (Partie 6) – Beijing et la Grande Muraille

  1. francis

    Impressionnant et surtout splendide !!! Que de beaux souvenirs ! Quel gigantisme ! Alors ce canard est-il vraiment bon ? Recette à nous faire au retour ! Bonne continuation
    Bisous

  2. DARRAS Claudie

    Quel voyage magnifique, mais quel courage aussi pour gagner le droit de voir toutes ces splendeurs !! Un très grand Merci pour nous y avoir fait participer .😗

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