CATAWOPINO

Mongolie (2) : Le Naadam Festival

Nous arrivons à Ulaanbaator le 11 Juillet, jour de l’ouverture du Naadam festival. Erka nous reçoit merveilleusement bien dans sa guest-house “Legend Hills Mongolia Guest House” que nous ne pouvons que recommander. Après un délicieux petit-déjeuner offert et préparé par ses soins, nous prenons une bonne douche et retrouvons Anu pour nous rendre aux festivités qui agitent la ville.

Le Naadam festival est la fête Nationale Mongole, célébrée tous les ans. Aussi appelé localement « eriin gurvan naadam » (« les trois jeux des hommes »), le festival consiste en des compétitions de trois jeux : la lutte mongole, le tir à l’arc et les courses de chevaux.

   

Il commence et se termine par des cérémonies où sont amenées du parlement les bannières ou « tug » : ce sont des bâtons avec des poils de queues de chevaux de différentes couleurs disposés en cercle au sommet. Ces bannières étaient utilisées au temps de Genghis Khan, le premier Khan, qui a unifié la Mongolie au début du XIIIème siècle. Les poils blancs symbolisent la paix tandis que les tugs ornés de poils noirs étaient utilisés en temps de guerre. Les originaux ayant été perdus au cours du temps (notamment lors de la grande purge du gouvernement soviétique de 1937), ce sont des versions récentes qui sont gardées au parlement (pour les 9 bannières blanches) et au ministère de la défense (pour la bannière noire).

Après l’adoption de la démocratie au début des années 1990, les neuf bannières blanches ont obtenu une nouvelle signification : le symbole de l’État mongol traditionnel, en remplacement de l’ancien drapeau rouge communiste. Pendant les 3 jours du Naadam, elles sont disposées sur le stade et gardées en permanence par 4 gardes.

Les dates du 11 au 13 Juillet ont été fixées durant la période communiste de la Mongolie (dans les années 1920) bien que le Naadam existait déjà sous une certaine forme depuis le XIIIème siècle, les trois jeux étant célébrés à chaque cérémonie officielle du temps de Genghis Khan. Ces trois jeux correspondent d’ailleurs aux besoins d’une bonne armée de l’époque.

La lutte Mongole

Après avoir marché au milieu des stands divers et variés en compagnie d’Anu, de son père et de sa petite sœur, nous rentrons dans le stade pour regarder la lutte Mongole.

Les meilleurs lutteurs arrivent de tout le pays pour s’affronter dans cette prestigieuse compétition, où une seule défaite est éliminatoire. Durant 2 jours, 512 participants s’affrontent deux à deux. À chaque fois que l’un d’entre eux gagne, il court vers les bannières blanches tout en réalisant la danse de l’aigle 🙂 Celui qui arrive à gagner 9 combats de suite ressort vainqueur de la compétition, emportant avec lui une maison, une voiture, une poignée de main avec le président et le respect de tous les Mongols.

Nous allons ensuite manger quelques Khuushuurs. Pour résumer cette spécialité servie partout, c’est de la viande de mouton bien grasse, mélangée à des oignons (il faut bien des légumes) et fourrée dans une pâte qui est ensuite frite dans de l’huile de cuisson datant d’au moins 3 jours. Il faut avoir l’estomac bien accroché (on sait de quoi on parle!).

L’ambiance autour du stade est vraiment très sympa. Tout le monde vient en famille et pour beaucoup c’est l’occasion de sortir les costumes traditionnels. Les différentes générations d’une même famille s’habillent de manière assortie. On adore !

      

Shagaï

On passe rapidement voir quelques volées de flèches au tir à l’arc puis Anu nous amène voir un quatrième jeu (qui a été ajouté en 1998 au Naadam) : le jet d’osselets (ou Shagaï, ce qui signifie littéralement osselet en Mongol).

Il existe des dizaines de jeux d’osselets différents. La variante que nous avons vu semblait consister à un jeu de lancer : des hommes placés à quelques mètres d’une cible inconnue devaient envoyer d’une pichenette un projectile inconnu sur cette dernière, située dans une boîte en bois. Parfois un contre un, parfois en équipes, parfois en équipes mais avec un seul joueur qui fait tous les lancers. Bref, on n’a vraiment rien compris… Mais c’était cool à regarder !

La journée arrivant à sa fin, Anu nous invite chez elle. Soucieuse de nous faire plaisir, elle nous prépare un bon repas avec comme d’habitude en Mongolie, beaucoup de viande 🙂 Après ce dîner bien nourrissant, nous partons ensemble voir le mémorial de Zaisan, à la gloire des soldats soviétiques morts pendant la seconde guerre mondiale, de la victoire sur les nazis et de l’amitié entre l’URSS et la Mongolie. Situé en haut d’une colline au sud de la ville, cela permet aussi d’avoir un point de vue sur Ulaanbaator au moment du coucher de soleil.

    

Le lendemain, nous obtenons des places dans le stade pour aller voir les épreuves de lutte du matin, et allons admirer une nouvelle fois ces monstres humains en slips colorés essayer de se renverser mutuellement. L’ambiance est beaucoup plus calme que la veille, mais tout le monde semble bien apprécier la technique des lutteurs. Après une petite tournée de Khuushuurs, nous nous dirigeons vers le terrain de tir à l’arc pour assister à la finale.

Le tir à l’arc

Les règles du tir à l’arc Mongol sont légèrement différentes de ce que nous connaissons, puisque les flèches ne sont pas envoyées pour être plantées dans une cible à hauteur d’homme, mais pour renverser des plots de couleurs différentes disposés à même le sol.

Cela ressemble en fait à un mélange entre du tir à l’arc européen et du bowling, ce qui est plutôt amusant à regarder.

A la différence de la lutte où seuls les hommes participent, les femmes ont leurs équipes de tir à l’arc. Elles tirent leurs flèches à 65m des cibles (contre 75m pour les hommes).

Tous les participants portent le costume traditionnel Mongol, appelé « deel ». Chaque tribu possède sa coupe et ses couleurs. Le costume est complété par le chapeau, la ceinture, les bottes, et une corde de cuir autour de l’avant-bras qui sera tendu lors du tir pour éviter que la manche ne gène.

Une fois la finale terminée nous rentrons nous reposer à l’auberge, encore une fois ravis de notre journée.

Contrairement à ce que nous avions pu lire sur le Naadam d’Ulaanbaator, l’ambiance est plutôt bon enfant. Les gens semblent être là pour faire la fête et profiter des jours fériés. Bien que nous n’ayons pas de point de comparaison avec les Naadam qui se tiennent dans les petits villages, nous avons trouvé celui d’Ulaanbaator très sympathique.

Les courses de chevaux

Pour le troisième jour du Naadam, Anu et son autre sœur viennent nous chercher en voiture pour que l’on aille ensemble voir les courses de chevaux, situées à 30 km d’Ulaanbaator. À cette distance de la ville, nous sommes déjà dans la steppe. Les courses se passent dans des espaces complètement ouverts, et il est donc difficile de suivre les courses pour des spectateurs non avertis.

Dès notre arrivée, nous mangeons quelques Khuushuurs (oui, encore!) accompagnés d’Airag. L’airag est du lait de jument fermenté produit artisanalement par tous les nomades. C’est la boisson nationale, réputée pour faire du bien à l’estomac (on n’est pas bien sûrs de ça…), bue comme du petit lait par tous les Mongols, et ce dès le plus jeune âge. Il n’y a, après tout, que quelques degrés d’alcool dedans (3-5%)…

Puis Anu et sa sœur s’essayent à un tour de cheval. À notre grande surprise, bien qu’elles soient Mongoles, elles semblent ne jamais avoir vu de cheval de leur vie et ne sont vraiment pas à l’aise une fois dessus. Le tour terminé, elles semblent ravies d’avoir eu l’occasion d’essayer et nous disent au revoir car elles doivent rentrer à la capitale aider leur mère à la boutique familiale.

De notre côté, nous nous rendons aux courses de chevaux et pour être sûrs de voir quelque chose, nous nous plaçons au niveau de la ligne d’arrivée. C’est un peu comme le tour de France, sauf que la moitié des spectateurs est sur un cheval pour mieux voir.

Dès que les premiers chevaux sont en vue, tous les spectateurs se mettent à chanter et à crier pour acclamer les cavaliers. Bien que les chevaux aient été au galop sur plus de 20 kms, ils vont toujours à vive allure et tout se passe très vite. C’est alors que nous remarquons que tous les cavaliers sont des enfants assez jeunes. Après avoir cherché de plus amples informations, nous apprenons que les courses ne sont pas classifiées selon l’âge des cavaliers ou leur poids, mais uniquement selon l’âge des chevaux. Pour limiter le poids des cavaliers et ainsi favoriser les chances de victoire des chevaux, seuls les enfants participent aux courses. Fun fact, le plus important est que le cheval passe la ligne d’arrivée, peu importe si son cavalier est toujours dessus…

    

Une fois le groupe de tête arrivé, l’intérêt des spectateurs chute considérablement et la foule commence à bouger afin d’aller profiter de l’ambiance qui règne autour du champ de course. L’atmosphère est à la fête avec des jeux de tir à l’arc, de chamboule-tout, des marchands de glaces, des jeunes ados qui font les fiers (non pas sur des scooters mais au galop sur leurs chevaux), des jeux gonflables, etc.

Nous rentrons en bus (très facile à trouver puisque tous les bus sur le parking vont au centre de UB et qu’Anu nous avait indiqué l’endroit avant de partir). On se fait une bonne tortilla (végétarienne!) avant de partir le lendemain pour un séjour de 8 jours dans le mythique désert de Gobi. Oh yeah!

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CATAWOPINO