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Russie (2) : 5153 km dans le Transsibérien

Après un excellent séjour sur l’île d’Olkhon, nous quittons les rives du lac Baïkal pour monter dans le transsibérien de Irkutsk à Krasnoyarsk.

Transsibérien (1)

Le transsibérien fait partie de ces choses mythiques qui restent gravées dans l’imaginaire collectif. Il s’agit d’une partie du réseau ferroviaire massif de Russie, et il comprend plusieurs lignes. La plus emblématique d’entre elles est la liaison Moscou – Vladivostock (9259km) qui prend 6 nuits et part tous les deux jours. L’autre trajet très emprunté relie Moscou à Beijing en passant par Ulaanbaator (avec la ligne du trans-mongolien que nous avons emprunté jusqu’à présent). C’est donc à Irkutsk que nous montons dans un wagon Russe du Transsibérien. Il y a plusieurs options possibles en terme de confort et de prix : la 3eme classe (ou platskartny) qui consiste en un wagon complètement ouvert de 54 personnes, la 2nde classe (ou kupe) avec des compartiments de 4 personnes un peu plus confortables, et enfin la 1ere classe (ou spalny wagon) qui n’est ni plus ni moins qu’un compartiment de 2nde classe réservé pour seulement 2 personnes.

Pour acheter des billets de train du transsibérien, vous avez plusieurs choix possibles. Soit vous passez par une agence qui s’occupera de tout pour vous (et qui vous facturera 2 à 3 fois le prix réel des billets), soit vous passez par le site de la RZD (la compagnie ferroviaire Russe). Au moment où nous avons acheté nos billets, la nouvelle version du site en Anglais revenait systématiquement au Russe. Il fallait donc dans ce cas là, en attendant que RZD corrige le problème, aller sur l’ancienne version du site en Anglais http://pass.rzd.ru/main-pass/public/en (il semblerait que ce problème ait maintenant été résolu, mais nous n’en sommes pas sûrs). Une fois votre compte créé, vous pouvez acheter tous les tickets que vous désirez. A chaque fois, vous recevrez un e-ticket au format pdf à imprimer et à présenter au contrôleur.

Notre premier trajet jusqu’à Krasnoyarsk se fera en 2nde classe (nous avons réservé moins de 15 jours à l’avance et il ne restait plus que ça). Un certain nombre de blogs ou sites de voyage conseillent aux voyageurs de voyager en 2nde classe pour avoir un minimum de confort. Notre cabine ressemblait comme deux gouttes d’eau à celles que nous avions en « soft sleeper » en Chine et en Mongolie. C’était très confortable ! Nous avons voyagé 19h avec un couple russe d’une soixantaine d’année très gentils. La femme portait un T-shirt « Paris » ce qui a permis d’entamer une discussion 🙂  Nous avons dormi l’essentiel du temps et donc pas vu le temps passer.

Krasnoyarsk

Nous sommes arrivés à Krasnoyarsk au matin sous des trombes d’eau. Il pleuvait tellement que la ville avait commencé à être inondée et qu’il était pratiquement impossible de quitter la gare !

Nous prenons finalement un taxi pour aller chez Pauline, qui nous a invité à dormir chez elle pendant les deux jours que nous passerons ici. Nous faisons la connaissance de Stasnislas, le copain de Pauline, et passons beaucoup de temps à discuter de tout et de rien (il pleut tellement que nous ne sommes pas vraiment motivés pour sortir).

Finalement, dans l’après-midi, nous prenons notre courage à deux mains et Pauline et Stas nous emmènent visiter la ville. Culturellement parlant, Krasnoyarsk n’est pas très développée, mais il est tout de même très agréable de s’y promener. Stanislas et Pauline nous montrent les curiosités de la ville, leur Big Ben local, et leur arc de triomphe (on n’invente pas ces surnoms, ce sont eux qui nous les ont présentés comme ça !) 🙂

    

Nous finissons par aller boire du très bon thé dans un salon de thé ou plutôt une “yourte de thé” très sympa.

Pour dinner, ils nous préparent une spécialité locale (enfin, plus Ukrainienne que Russe quand même) : le borsch. De la betterave rouge, du chou, des patates et du boeuf, un régal !

Nous avions prévu d’aller au Parc national de Stolby le lendemain. Ce parc, réputé pour ses colonnes rocheuses hors du commun, est ce pourquoi la ville de Krasnoyarsk est connue. Le temps, toujours très pluvieux nous force à annuler cette visite. Cela nous arrange presque : nous sommes contents d’être en compagnie de Stanislas et Pauline, et d’en apprendre plus sur la vie en Russie. En échange du Borsch de la soirée précédente, ce soir c’est nous qui cuisinons, et c’est boeuf bourguignon !

Après ces deux excellents jours passés en leur compagnie, c’est avec regret que nous nous disons au revoir pour monter à nouveau dans le transsibérien, en 3ème classe et pour deux nuits cette fois.

Transsibérien (2)

La 3ème classe du Transsibérien est souvent décrite comme peu confortable, pittoresque et bruyante mais aussi comme le meilleur moyen de rencontrer des “vrais” Russes. Nous l’avons trouvé vraiment très confortable et plutôt bien agencée : il y a un bloc de quatre lits sur la gauche du couloir, et deux lits supplémentaires en face, collés à la fenêtre. Certes, il n’y a pas de séparation entre tous les lits du wagon, mais ce n’est vraiment pas gênant, il y a plein de places et les gens sont très respectueux (il y avait un grand silence l’essentiel du temps). Sur les conseils de Matt et Rosie, nous avons pris les deux lits collés à la fenêtre, ce qui est un très bon choix car le lit du bas se transforme en deux chaises et une table au milieu, très pratique pour la journée.

L’essentiel du trajet s’est fait sans le moindre événement, jusqu’à ce qu’un groupe de musique traditionnelle Russe monte dans notre wagon. Ils se dirigeaient vers Moscou pour participer à un festival et ont décidé d’utiliser le wagon comme une salle de répét’ 🙂

Sequence #1

Une chose est sûre, ce concert improvisé a permis d’enlever une barrière entre tous les passagers ! Après cela, tout le monde s’est mis à discuter. Nous avons communiqué avec ce groupe de musique grâce à leur chanteuse qui parlait un Anglais parfait. Nous avons aussi fait la connaissance de Ethan, un Coréen à l’histoire très intéressante. Il vient de démissionner de l’armée après la mort accidentelle d’un de ses camarades de régiment et son refus de suivre les ordres de ses supérieurs de taire l’incident. Il a décidé de partir en voyage, en commençant par traverser la Russie en transsibérien (car c’était le rêve de son ami). Par la suite, il visitera l’Europe et terminera par 2 mois de marche sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Il écrit en même temps un livre à la fois sur son histoire dans l’armée et son voyage. Une chouette rencontre !

Suzdal

Nous descendons du train à Vladimir, pour immédiatement prendre un bus jusqu’à Suzdal, à 26 km au nord. Suzdal est l’une des plus vieilles villes de Russie, avec une histoire qui remonte jusqu’au 11ème siècle. Bien qu’elle fut au 12ème siècle la capitale de la principauté, Moscou n’étant alors qu’un village dépendant, elle n’a aujourd’hui qu’environ 10 000 habitants. C’est la plus petite ville de l’anneau d’or, cet ensemble de villes situées au nord-est de Moscou. Grâce à leurs terres très fertiles, elles furent en plein essor économique entre le 12ème et le 17ème siècle, comme en témoignent le grand nombre de bâtiments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Lorsque la ligne du Transsibérien fut construite, il fut décidé que cette dernière passerait à Vladimir et non à Suzdal. La conséquence de cette décision est que Suzdal a été grandement épargnée par l’industrialisation de l’ère Soviétique. C’est aujourd’hui un véritable musée à ciel ouvert, où le tourisme est la seule industrie présente. Elle est principalement composée de maisons en bois du début du vingtième siècle parfaitement préservées, et de nombreuses cathédrales orthodoxes de toute beauté.

Nous commençons notre visite de la ville par le monastère de Spaso-Evfimiev, un énorme complexe fortifié comprenant plusieurs musées et cathédrales ainsi qu’un magnifique jardin.

Bien qu’il manque quelques panneaux en Anglais dans les différents musées pour pouvoir pleinement apprécier la visite, il est très facile de passer plusieurs heures dans ce complexe tant il y a de choses à voir.

Située le long d’une rivière, Suzdal possède une atmosphère médiévale très charmante.

À ne pas manquer : le Kremlin de la ville, avec la très fameuse église de la nativité de la Vierge-Marie et ses dômes étoilés.

Vladimir

Le lendemain, nous retournons à Vladimir. Cette ville plus importante aujourd’hui avait à l’origine plus un rôle de défense militaire. Après avoir été ravagée par les Mongols-Tatars au début du 13eme siècle, la ville n’a jamais réussi à se remettre et est restée en arrière plan jusqu’au début de l’ère soviétique et l’industrialisation qui l’accompagna. Bien que Moscou soit devenue le siège de la principauté dès le 14ème siècle, les grands princes continuèrent de faire construire des églises à Vladimir qui sont encore présentes aujourd’hui et protégées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vladimir ayant une moins bonne réputation que Suzdal au niveau du tourisme, beaucoup de voyageurs à bord du transsibérien ne s’arrêtent à Vladimir que pour monter dans le bus pour Suzdal, sans jamais visiter la ville. Ayant du temps devant nous, nous avons décidé d’y passer une journée. Nous avons trouvé la ville de Vladimir moins charmante, mais les quelques églises et monuments protégés de la ville sont très beaux.

Le lendemain, nous prenons de nouveau le train, pour seulement 2h cette fois ! Bientôt, nous serons au cœur de la grande capitale : Moscou 🙂

Une réflexion au sujet de “Russie (2) : 5153 km dans le Transsibérien

  1. Julie Carrara

    Quel plaisir de lire vos aventures!! Contente de voir que le voyage se poursuit bien 🙂 C’est super bien écrit et les photos sont belles!
    Ça me fait voyager un peu par la même occasion 😉
    Des bisous

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