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De Donald à Vancouver

On a réussi ! Les cols de montagne, les tunnels très étroits et un soleil qui tape fort ne nous ont pas empêcher d’arriver au bout de la première grosse étape de notre voyage : après avoir pédalé 3000km nous sommes à Vancouver ! 🙂

En partant de Donald, c’est avec un Clement fiévreux que nous démarrons l’ascension du col Rogers. Nous nous étions tellement préparés à une expérience physiquement éprouvante que la montée en elle même ne nous a au final pas paru si difficile que cela. Enfin, on était quand même bien fatigués après avoir fait les 946m de dénivelé positif jusqu’en haut du col. Nous avions été avertis par des locaux de la dangerosité des tunnels anti-avalanche proches du sommet. Par chance, ceux ci se sont avérés être en travaux, et nous avons eu le droit à une escorte personnelle pour s’assurer qu’aucune voiture/camion/camping-car n’essaie de nous doubler. La classe !

Une fois arrivés au sommet, tout contents de notre « performance », nous nous sentons pousser des ailes et fonçons au camping du parc national des Glaciers pour se faire une petite rando dans la foulée. La quasi totalité des randonnées étant fermées pour cause de Grizzlies dans les parages, nous optons pour la seule disponible : seulement 4.5km aller retour, facile ! Nous n’avions juste pas réalisé que 425m de dénivelé sur 2.2km ça fait mal, et même très mal… 2 heures plus tard, nous rentrons au campement éreintés : la prochaine fois, on fera moins les marioles !

Alors que nous préparions avec amour un délicieux repas déshydraté, un homme d’une quarantaine d’années arrive en courant pour nous demander si on veut bien partager notre emplacement (le camping étant complet). Nous acceptons volontiers, et voyons à notre plus grande surprise un semi-remorque faire marche arrière le long de notre tandem. Il s’agit bien d’un camion converti en camping-car, conduit par un couple d’allemands partis dix mois auparavant et qui ont traversé les Amériques. Nous discutons gaiement avec, accompagnés d’une bouteille de vin sortie pour l’occasion 🙂 Sur la route de Revelstoke, nous nous arrêtons pour faire la ballade des cèdres géants. Ces arbres vieux de plus de 500 ans garnissent cette forêt tropicale.

La suite de la route, principalement réalisée le matin (ce qui nous permet d’éviter la chaleur et la circulation sur la route transcanadienne que nous suivons depuis Calgary) a été riche en rencontres et invitations.

Alors que nous nous arrêtions dans un café pour demander de l’eau aux alentours de Sorrento, Ray nous a invité spontanément à venir planter notre tente chez lui et profiter du lac. Bien qu’il ne soit que 11h30, nous acceptons l’invitation avec joie. Après avoir rencontré toute sa famille, nous passons une après-midi détente, lecture, nage et stand-up paddleboard. Le soir, nous mangeons des hot-dogs avec sa femme et un ami à lui, Randy, qui a parcouru le monde pendant 2 ans. Jerre, un autre ami de Ray nous rejoint également. Après avoir bien ri et admiré le coucher de soleil, il est temps d’aller se coucher.

Le réveil est dur à 5h le lendemain matin, mais nous voulons évitons la chaleur de l’après-midi à tout prix. Profitant d’une route particulièrement plate, nous parcourons les 85km qui nous séparent de Kamloops à toute vitesse. Après une longue pause dans un parc de la ville, nous reprenons la route à 17h30 pour parcourir les 10km qui nous séparent du camping que nous espérons rejoindre. Il s’avère que ces 10 km pour sortir de la ville sont vraiment très durs, avec une pente à plus de 10 % pendant une grosse partie du trajet. Autre élément aggravant que nous n’avons appris que plus tard, la chaleur est en fait maximale après 18h à Kamloops, ce qui signifie que nous essayons de gravir cette pente par 37 degrés Celsius. Alors que nous en sommes à peine à la moitié, nous nous arrêtons déjà tous les 100m et alternons entre pousser le vélo et pédaler. Alors que Clement commence à ne pas se sentir très bien (une soif impossible à étancher et un début de coup de chaud), deux personnes en voiture en face de nous s’arrêtent et nous demandent si tout va bien. Tracy va les voir et leur explique notre situation, et par chance Bob et Joan sont des membres du site warmshower (un réseau de cyclistes qui se proposent d’héberger d’autres cyclistes). Nos deux sauveurs nous invitent dans leur maison juste à côté, et nous passons la soirée avec eux, encore incrédules d’avoir eu autant de chance de s’être arrêtés devant chez eux alors qu’ils s’apprêtaient à partir. Nous leur en somme infiniment reconnaissants de nous avoir fait confiance aussi promptement et de nous avoir hébergés cette nuit là!

Le lendemain, sur la route 5A reliant Kamloops à Merritt (l’ancienne autoroute 5, qui est beaucoup plus belle et plus calme que la route principale), c’est le vent de face qui nous empêche d’avancer, vu que ce dernier souffle en moyenne à 50 km/h. Nous nous battons tant bien que mal contre ce vent jusqu’à 16h, mais après avoir parcouru si peu de kilomètres en tant de temps, nous décidons d’abandonner. On part alors toquer à la porte d’une maison pour demander si nous pouvons planter notre tente dans le champ en face. Eileen et Mark, qui nous ouvrent la porte, acceptent immédiatement et nous invitent à rentrer chez eux pour prendre une tasse de thé en attendant que le vent se calme. De fil en aiguille, et grâce à leur générosité, nous restons pour dîner, dormons dans la maison, et nous restons même un jour de plus chez eux pour reposer nos jambes ! Leur maison principale étant proche de Vancouver, ils nous invitent même à les retrouver quelques jours plus tard ! Nous acceptons et prenons la route en direction de Merritt.

Avant d’arriver à Vancouver, il nous reste une dernière étape difficile : le sommet Coquihalla qui sépare Merritt et Hope. La route est longue et grimpe beaucoup, mais par chance la pente est très progressive. Après 30km sur une route secondaire au milieu des ranchs, nous sommes obligés de rejoindre l’autoroute et ses camions (qui ont presque autant de mal que nous à arriver au sommet). Au niveau de cette jonction, nous avons notre première chute du voyage. En roulant sur un passage canadien (une sorte de grille au sol empêchant le bétail de sortir mais sur laquelle les voitures peuvent rouler), le vélo dérape et Clément se coince le pied entre deux barreaux de la grille en essayant de le rééquilibrer. Résultat : le vélo se couche complètement, avec nous/nos jambes dessous. Fort heureusement, rien de bien grave et nous récoltons chacun un bleu seulement. Après cette petite pause forcée, nous remontons sur le vélo, terminons la montée jusqu’au sommet et parcourons la descente dans la foulée. Nous avons même dépassé un camion qui roulait avec le frein moteur au tout début des 40km de descente. Cette journée fut celle de tous les records, avec 133kms parcourus (notre maximum dans une journée jusqu’à présent) et près de 1100m de dénivelé positif. Deux jours plus tard, nous sommes à Langley, chez Eileen et Mark, où nous restons plusieurs jours afin de préparer un peu la suite de notre voyage et visiter Vancouver sans le vélo.

Après s’être bien reposés et ressourcés grâce à la générosité d’Eileen, nous sommes fin prêts pour la dernière partie Canadienne de notre voyage : comme nous avons un peu plus de temps que prévu, nous allons prendre le ferry pour aller sur Vancouver Island et explorer les environs avant de prendre un autre ferry entre Victoria et Port Angeles pour rejoindre les USA.

14 reflexions sur “De Donald à Vancouver

  1. Hugues

    Bravo a tous les deux pour ces premiers 3000 km.
    C’est une belle traversée, pleine de rencontre, qui laisse augurer une belle continuation de votre voyage.
    Juste pour info: Clément il faut boire un peu plus !!!!!!

  2. Marie-Paule

    Bravo et un grand merci à tous vos hôtes canadiens qui jalonnent votre route et enrichissent votre voyage, une pépite »d’anges gardiens » que je n’avais pas prévenus pourtant de votre arrivée…

    Quant aux péripéties et divers incidents les lire après coup soulage aisément mon inquiétude maternelle!

  3. Gulie

    Bravo pour votre voyage et vos efforts et merci de nous faire partager vos aventures!
    Que de rencontres impromptues et généreuses!
    Continuez à nous faire partager votre voyage! Je vous embrasse!

  4. ferrer

    hello les canadiens super votre grande ballade nous en avons pleins les yeux c un pays génial à visiter et on mange bien la poutine délicieux le sirop d’érables avec des crêpes quel régal
    profiter bien et pleins de photos a voir à votre retour

  5. janine ferrer

    je suis toujours aussi impressioné et vous dis bravo pour votre courage, je suis très fier de vous deuxet continuez a etre prudent.

  6. romain

    Bonsoir clément et tracy je vous aime très fort et je regarderai tous vos messages
    ♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡♡◇♧♤

  7. Colette et Jean-Claude.

    Bravo pour votre ténacité, votre courage ! C’est formidable de vivre de tels moments de rencontres humaines, de vrais moments de solidarité. Votre boîte à souvenirs va être bien pleine !
    Bises

  8. Valentin

    Yeah félicitations!! Très intéressant de vous lire le long de cette traversée du Canada! Je suis content pour vous, ou très jaloux, ça dépend 🙂
    Hâte de lire la suite!

  9. Jenny

    Votre voyage est magnifique malgré les embûches , plein de courage et de bisous à vous 2 ….. Jai hate de lire la suite 😉

  10. Maria van Rooijen

    Hey Tracy and Clement, what an achievement ! Bravo ! I have not read all your adventures (my schoolfrench ne suffie pas) but I have admired all the photographs.. What a lovely views..What a great time you must have..
    Enjoy, enjoy enjoy ! Love Maria (Moos mom)

  11. Geneviève

    Chers Clément et Tracy, vous nous embarquez avec vous et vous nous communiquez une énergie folle!
    Que dire d’autre?
    Sinon que j’ai aimé que vous passiez tant de temps avec les indiens du Canada,
    Merci Tracy pour le petit clin d’oeil lors de votre passage à Winnipeg .

  12. francis

    à chaque chapitre, j’ai envie de me glisser dans votre remorque un peu vide (80 kg de +, c’est pas grand’chose, vu vos exploits athlétiques) pour découvrir émerveillé tous ces paysages, ressentir vos émotions en direct et vivre vos rencontres si belles ! Courage, il ne reste plus beaucoup de kilomètres (!) mais beaucoup de plaisir et de bonheur. Bises

  13. Nadège, Laurent, Lucas & Alexandre

    Well done les jeunes
    L’office du tourisme du Canada peut vous remercier : paysages splendides, rencontres humaines formidables…
    En espérant que la suite de vos aventures soient à la hauteur de cette 1ère – impressionnante – étape
    Bises

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