CATAWOPINO

Myanmar (2/2)

Bagan

Bagan (cité bâtie entre le Xième et le XIVième siècle) est le site touristique majeur de Birmanie. Plus de 2500 monuments bouddhistes (pagodes, stupas et monastères) éparpillés sur une étendue de 50km2 font de ce lieu un site archéologique et historique stupéfiant.

Rien ne vaut de le découvrir au lever du soleil (facile si, comme nous, vous arrivez par le bus de nuit à 3h30 du matin). Nous nous sommes baladés dans le noir pour trouver la stupa Bulethi, recommandée sur notre carte pour ce moment si spécial. Accompagnés d’autres touristes, nous attendons, en haut de celle-ci, l’arrivée du soleil. Lorsque celui-ci pointe le bout de son nez, nous découvrons avec émotion ce champ de stupas gigantesque. Au même moment, une vingtaine de montgolfières s’envolent dans les airs. Bien qu’elles n’aient rien de local, nous sommes heureux que certains puissent s’offrir cette expérience, non pas par altruisme (loin de nous cette idée!), les montgolfières rendent juste très bien sur les photos.

Bagan est aussi renommée pour les peintures murales présentent dans plus de 300 temples. Et on ne peut que confirmer leur beauté.

 

Restauration ou Reconstruction ?


Il est difficile de parler de Bagan sans aborder la gestion de ce site par le gouvernement. Construit sur une zone sismique, Bagan a subi de nombreux tremblements de terres dont un sévère un 1975. Suite aux dommages subis, la junte militaire a lancé des projets d’embellissement qui malheureusement ne respectent pas les standards archéologiques internationaux. Quelques exemples :

  • Création d’un terrain de golf au milieu des pagodes
  • Construction d’une tour à vue panoramique
  • « Restauration » des temples non pas basée sur le temple originel mais sur un autre temple resté intact. Il en résulte une uniformité des temples qui n’était pas là à l’origine et jugée terrible par les experts internationaux.

D’un autre point de vue, pour beaucoup de Birmans, Bagan n’est ni un site archéologique ni un site historique, mais un lieu de pèlerinage. Ce sont donc des temples actifs où ils viennent prier. Pourquoi ne faudrait-il pas les moderniser ? De l’air conditionné, des tapis plus confortables que la pierre originelle, des néons derrière la tête de Buddha pour aider à la concentration, etc…

Les fonds financier servant aux restaurations proviennent en majorité des donations des Birmans. Les touristes payent un droit d’entrée de 25 000 kyats (20$) mais il n’existe aucune transparence sur les plus 4 millions de dollars récoltés annuellement grâce à cette taxe. Il semblerait que la majorité aille directement dans les poches de la junte militaire. Ce manque de moyens entraîne des restaurations parfois sommaires souvent réalisées par des bénévoles birmans venus de loin pour aider (mais qui n’ont pas nécessairement les compétences requises) : piles de gravats sur le côté des pagodes, ciment pour boucher les crevasses, fresques murales recouvertes de plâtre, etc…

 

Face à ces restaurations peu authentiques, Bagan s’est vu refusée le statut de patrimoine mondiale de l’humanité de l’UNESCO en 1996. Suite à une deuxième demande en 2013, l’UNESCO a adopté une toute autre stratégie : inscrire Bagan au patrimoine afin de protéger le site et éviter des reproductions qui ne soient pas fidèles aux originaux. Le processus est aujourd’hui en cours et la réponse définitive sera connue d’ici 2019. Les experts travaillent déjà sur le site, surtout depuis le tremblement de terre du 24 Août 2016 (de magnitude 6.8).

 

Les pièges à touristes de Bagan

Nous avons aimé Bagan, mais nous avons été étonnés par la quantité d’attrape-touristes dans ce lieu pourtant relativement peu visité comparé à d’autres lieux touristiques majeurs.

Quelques exemples :

1) Depuis 2014, la station de bus ne se situe plus dans Bagan, mais à 7km de la ville, au milieu de nulle part. Même à 3h30 du matin, à peine un pied posé hors du bus, la mafia des taxis (plutôt agressive) saute sur les touristes pour leur offrir leurs merveilleux services hors de prix et non négociables. Il faut savoir que c’est souvent le cas en Asie du Sud-Est, mais d’habitude, il suffit de s’éloigner un peu afin de trouver une alternative. Cette fois-ci, nous sommes bloqués. Les taxis exercent une pression sur les bus locaux qui ne peuvent donc pas prendre de touristes.

Frustrés de se dire que ces chauffeurs de taxis se font plus d’argent avec quelques courses de 15 mins que des médecins ou des enseignants en une journée, et ayant 2h30 à tuer avant le lever du soleil, nous décidons de marcher. Alors que nous n’avons pas fait cinquante mètres, un des chauffeurs de taxi nous poursuit, pour nous expliquer que :
1- « Oui oui, il y a 7km , mais en fait c’est 20km »
2- « Too dangerous, many many snakes, you’ll see »

Cela nous fait rire et nous poursuivons notre route.

2) Lors de la visite d’un temple bordé par de nombreuses échoppes, nos chaussures (laissées à l’entrée comme dans tous les temples) ont été « empruntées » par des vendeuses qui les ont placées devant leurs boutiques. A la sortie du temple, il faut faire sa petite chasse au trésor pour retrouver ses pompes, et au passage voir les merveilles que l’on pourrait acheter…

3) Une autre petite entourloupe que nous avons pu observer est celle de l’enfant qui joue en haut des pagodes. Une fois le touriste arrivé, il discute avec lui avant de lui montrer « sa collection » : une liasse de billets impressionnante, de devises provenant du monde entier. Il décrit ses billets un par un en nommant le nom du pays et de la devise. Bizarrement, sa collection ne comprend ni de dollar, d’euro, ou de livre sterling. Dans notre cas, il a conclu en nous demandant des « euros de France ». C’est plutôt triste qu’autre chose, surtout vu le nombre d’enfants qui ont recours à cette technique pour essayer de récolter un peu d’argent (qui n’est certainement pas pour eux).

4) L’ancienne station de bus (avant 2014) située au centre de Bagan est désormais une zone où l’on trouve les agences de tickets en tout genre (avion, bus, bateau…). Nous avions une personne à contacter sur place afin d’acheter nos billets pour Mrauk-U. Dès que nous garons notre scooter électrique, chaque agence se rue sur nous pour nous amener dans leur échoppe (sans même savoir où nous voulons aller). On explique gentiment que nous avons quelqu’un à appeler mais ils insistent, regardent sur le téléphone ce que l’on fait puis écoutent, tout en intervenant, notre conversation téléphonique. Sur le moment, nous sommes choqués et énervés. Nous apprendrons plus tard que le concept de l’espace privé est différent en Birmanie : si tu fais quelque chose en public, cela est public. Une conversation téléphonique dans la rue est donc pour tout le monde. À force d’insister aussi lourdement, et ce partout où l’on se rend à Bagan, la seule chose que les vendeurs ont réussi à obtenir est notre méfiance la plus totale.

Heureusement, comme partout, il y a des gens sincères et au cœur d’or comme le monsieur qui nous a interpelés à 5h du matin pour nous amener jusqu’à notre hôtel dans sa voiture alors que nous empruntions la mauvaise route ou la jeune fille qui nous a indiqué un temple où aller admirer, seuls, le coucher du soleil.

 

Toutes ces réflexions sur l’archéologie et le tourisme perdent leur importance lorsqu’on regarde le soleil se coucher sur ces innombrables temples. Bien que tout ne soit pas rose, on pense que ce site mérite d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, tant sa beauté est indéniable. On espère également qu’un accord sera trouvé sur sa conservation et que la population birmane pourra continuer à profiter de cet endroit pour pratiquer sa religion.

 

Mrauk-U

Mrauk-U (se prononce « Miaou ») est une ville un peu en dehors du trajet touristique habituel, ce qui est principalement dû à une plus grande difficulté d’accès. Pour y parvenir, il faut soit prendre l’avion jusqu’à Sittwe puis un bateau pendant 5h, soit un bus (24h depuis Yangon, 20h depuis Mandalay en direct ou 20h depuis Bagan avec changement). Une route qui reliera Bagan à Mrauk-U est en construction et lorsqu’elle sera achevée, le trajet ne prendra plus que 5h.

Le bus depuis Bagan n’est pas si terrible, il faut passer un check-point à environ 4h du matin. Les identités sont vérifiées, et les militaires rentrent dans le bus pour vérifier des sacs au hasard, leurs lampes-torches braquées sur les passagers. L’arrivée à Mrauk-U est pour une fois à une heure correcte, 10h du matin.

Pour l’instant, seulement quelques touristes arrivent chaque jour dans ce site archéologique remarquable et différent de ce que l’on a pu voir auparavant. Encore une fois, merci à Philippe L. pour ses conseils : on a adoré et y sommes restés 7jours !

On peut visiter l’intérieur des temples (en bon état) et y découvrir leurs petites allées ou leurs couloirs en spirale bordés de statues de Bouddha.

Les stupas ont ici une forme de cloche très prononcée, ce qui les différencie énormément de tout ce que l’on a pu voir en Thaïlande comme en Birmanie.

Tout comme à Bagan, les levers et couchers de soleil sont des moments à ne pas louper.

 

Encore une fois, des projets « d’embellissement » ont lieu. Le temple aux 90 000 Bouddhas (Koe Taung) par exemple, s’est vu l’honneur d’être éclairé de nuit par de magnifiques lampadaires blancs (style stade de foot). L’idée part d’une bonne intention, mais la vue d’ensemble du temple est gâchée. On peut se dire que de nuit cela doit être magnifique. Il faut juste savoir que la route pour y accéder (20mins à vélo) est en très mauvais état et dans le noir complet. Une fois arrivé au temple : sur les 22, un seul des lampadaires fonctionne… Cela n’enlève pas pour autant la beauté de l’intérieur ainsi que l’originalité du temple, qui vaut toujours vraiment le coup.

 

La petite ville de Mrauk-U est mignonne avec son marché central, ses routes en terre battue et ses canaux. Les Birmans nous ont semblé beaucoup plus accueillants qu’à Bagan, et le faible nombre de touristes crée une ambiance différente : en effet, c’est à Mrauk-U que nous avons sympathisé avec le plus de voyageurs. Nous avons notamment rencontré Richard (Suisse) et Christian (Autrichien), avec qui nous sommes partis pendant 2 jours faire un petit voyage dans les villages Chin le long de la rivière.

 

Les villages Chin

Les villages du sud de l’état de Chin sont souvent visités pour pouvoir observer une tradition peu commune, les femmes au visage tatoué. C’est une pratique qui a démarré lorsqu’un roi jadis décida de kidnapper plusieurs femmes de cette région pour en faire ses concubines. Afin que cela ne se reproduise plus, les populations de ces villages ont alors décidé de tatouer les visages des femmes pour les rendre indésirables aux yeux du souverain. Cette tradition fut ensuite pratiquée jusqu’en 1975, date à laquelle le gouvernement Birman l’a rendue illégale.

Bien que Mrauk-U soit dans l’état de Rakhine et que nous n’ayons pas eu l’autorisation de passer la frontière avec l’état de Chin (notre guide Zaw Chay nous a expliqué qu’il y avait eu des conflits entre l’armée Birmane et l’armée de Rakhine assez récemment), des populations originaires de Chin se sont installées le long de la rivière Lemro. Nous avons longtemps hésité à aller visiter ces villages parce que nous avions très peur de l’effet zoo humain, mais alléchés par les deux jours de balade en bateau, nous nous sommes finalement décidés et ne regrettons pas notre choix.

 

Nous sommes donc 7 sur le bateau : le conducteur, un gars dont on ne sait toujours pas très bien quelle était sa fonction, notre guide Zaw Chay, et notre petit groupe de 4. Nous remontons la rivière tranquillement et nous arrêtons dans quelques villages (2 le premier jour, 3 le deuxième).

 

A chaque fois, nous commençons par aller voir les femmes au visage tatoué. Nous nous asseyons avec elles, discutons longuement et les prenons en photo. Grâce à Zaw Chay, qui est un excellent interprète, et Richard, qui a passé 18 mois au Myanmar et parle donc un peu le Birman, nous pouvons avoir de vrais échanges, ce qui nous enlève cette peur de l’effet zoo humain. Elles nous racontent que le tatouage se faisait à l’âge de 7 ou 8 ans, contre la volonté des petites filles vu la douleur causée par la procédure. Souvent, elles étaient attachées pour les empêcher de s’enfuir ou de se débattre. Le tatouage pouvait durer jusqu’à une semaine, suivie d’un mois sans vraiment pouvoir manger à cause du gonflement du visage pendant la cicatrisation. Paradoxalement, elles sont très fières de leurs tatouages (c’est pour elles une grande marque de beauté), et auraient souhaité voir cette tradition perdurer. Malgré l’interdiction gouvernementale, des tatouages ont été réalisés clandestinement jusqu’en 1995. Elles nous expliquent alors qu’aujourd’hui, ce n’est plus possible, parce que l’armée Birmane a tué tous les maîtres tatoueurs. A Kone Chaung, le village où nous avons dormi, Ma Tin Moe (80 ans) fixe longuement Tracy avant de lui dire à travers notre interprète : « Tu devrais te faire faire le tatouage aussi. Tu serais tellement plus belle avec ! ».

 

En échange du temps passé avec elle et/ou de la prise de photos, il est attendu de faire des donations monétaires. Nous avions été prévenus et avions un avis partagé sur la question. Après l’avoir fait, on se dit que ce n’est qu’un échange de bons procédés, surtout vu le faible nombre de touristes qui passent par ces villages. De plus, les touristes peuvent faire des donations matérielles ou financières aux écoles peu soutenues par le gouvernement ou participer à l’économie du village en achetant des écharpes bon marché fabriquées sur place.

 

Nous passons aussi du temps à nous balader dans les villages et à prendre des photos. Tous (enfants comme adultes) sont ravis de se voir sur les écrans de nos appareils.

 

A Kone Chaung, les villageois célèbrent la fin de l’année scolaire. Ils viennent nous chercher pour nous amener à la fête. Musique, chants, danse et repas commun. Ils sont d’une générosité incroyable et tiennent à ce que l’on goûte à tous leurs plats : on se retrouve avec les deux mains et la bouche pleines de morceaux de viandes à devoir refuser de nouveaux morceaux !

 

Nous avons été frappés de voir que dans tous les villages Birmans, alors que bien souvent la seule source d’électricité est un panneau solaire posé sur le toit de la maison, tout le monde possède un smartphone. L’arrivée des téléphones chinois peu onéreux et la baisse des forfaits ces dernières années a démocratisé cette technologie. Résultat : tout le monde a un smartphone, et tout le monde prend des selfies pour les mettre sur Facebook 🙂
Nous avons croisé pas mal de voyageurs qui ne comprennent pas comment ils peuvent s’offrir de tels objets alors qu’ils n’ont pas l’eau courante et cuisinent au feu de bois. De notre côté, on pense que le smartphone est pour eux la promesse d’être connectés au reste du monde. Dans un pays qui a été fermé pendant si longtemps, on adhère avec l’idée qu’avoir accès à internet est plus important que tout le reste.

Ces deux jours sont passés à une vitesse folle et nous en gardons un merveilleux souvenir.

 

Les funérailles d’un moine

De retour à Mrauk-U, nous avons assisté aux funérailles d’un moine. Si on ne nous avait pas dit qu’il s’agissait de funérailles, nous ne l’aurions jamais deviné ! On aurait plutôt pensé à une fête foraine avec une scène de musique, un manège pour enfants, des stands de jouets/nourriture, etc.

Pendant plus de 2h, nous sommes restés assis avec la foule, à regarder des fusées être propulsées horizontalement dans des pagodes de bambou et papier joliment décorés, sans but particulier apparent (ce n’était visiblement pas pour y mettre le feu, vu que chaque fois qu’une fusée restait allumée après l’impact, 5 personnes se ruaient pour l’éteindre à coups de bâton). Perplexes mais bien décidés à ne pas se laisser décourager pour autant, nous avons commencé à demander autour de nous avec l’aide de Richard si la pagode allait être brûlée ou pas. Après plusieurs réponses très vagues, nous finissons par apprendre que cela aurait lieu entre 18 et 20h. A peu près au même moment, les locaux qui nous regardaient fixement depuis le début commencent à nous sourire et à s’approcher de nous pour savoir d’où nous venons et ce que nous faisons ensemble tous les trois à cet endroit (les Birmans ont visiblement un peu de mal à évaluer notre âge : 70 ans pour Richard qui n’en a que 50, 40 ans pour Tracy et 20 ans pour Clément. Certains egos n’en sont pas ressortis indemnes!)

 

Une fois toutes les petites pagodes de bambou démontées et entassées autour de la plus grande d’entre elles, tout le monde s’est rassemblé pour attendre avec impatience la tombée de la nuit. À 19h, une annonce au micro (dont le volume est, comme d’habitude au Myanmar, mis beaucoup trop fort et avec beaucoup trop de réverbération) prévient de l’imminence du clou du spectacle. Un feu d’artifice artisanal est tiré à une dizaine de mètres de nous, et une grosse fusée est lancée sur le tas de bambou. Cette fois, le feu n’est pas éteint.

Monk_funeral

 

La nourriture birmane

La nourriture birmane est bonne mais il faut faire attention où l’on mange. Pour faire simple : évitez la street-food. Nous avons eu 2 intoxications alimentaires en 3 semaines…

Le repas classique se compose d’un curry individuel (poisson, poulet, bœuf ou porc), de riz et d’une soupe. Les légumes cuisinés (aubergines, choux-fleur, épinard chinois, citrouille, etc…) sont posés dans de petites assiettes au milieu de la table et partagés par tous.

Les spécialités que nous avons le plus appréciées sont : la salade de tomates et cacahuètes, la salade de feuilles de thé et les nouilles de la région Shan.

 

Le bouddhisme en Birmanie

Le bouddhisme en Birmanie nous a semblé légèrement différent de ce que nous avions pu observer en Thaïlande. Les règles semblent moins respectées par les moines. L’explication que nous avons trouvée correspond à la dictature qu’a subie le pays : dans une pauvreté extrême, rentrer au monastère a été pour de nombreux Birmans le seul moyen de s’en sortir. N’étant pas devenus moines par conviction mais plutôt par nécessité, le rapport à la religion de certains d’entre eux en est altéré.

C’est un sujet compliqué que nous ne pouvons pas comprendre pleinement (nous n’avons pas assez de connaissances) mais il semblerait que dans le bouddhisme, le statut de la femme ait évolué en fonction du temps et des pays. En Birmanie, la femme est clairement placée en dessous de l’homme (n’a pas le droit de s’approcher de Bouddha dans les temples, elle doit d’abord se réincarner en homme avant de pouvoir accéder à l’éveil spirituel, etc..). Ceci n’est pas le cas dans tous les pays bouddhistes.

Enfin, il est difficile de passer sous silence les massacres des populations Rohingya au nord de l’état de Rakhine. Les musulmans sont persécutés (mosquées brûlées, gens chassés de leurs maisons, camps de réfugiés où ils n’ont pas le droit de sortir, etc…). Des discours haineux sont prononcés par certains moines extrémistes appelant à la violence, allant jusqu’à faire de la désinformation et à diffuser de fausses photos pour arriver à leurs fins. Il est difficile de savoir ce qu’il se passe réellement. Une chose est sûre, impossible pour les étrangers de voir quoi que ce soit : toutes les routes allant aux villages Rohingya sont bloquées par les militaires et il est impossible d’obtenir une autorisation (surtout quand le chef de la « police touristique » est complètement bourré à 10h du matin). Fort heureusement, tous les moines bouddhistes ne sont pas des extrémistes, mais si vous voyagez dans l’état de Rakhine, évitez d’aborder le sujet avec les populations locales.

Être étranger en Birmanie

Lors de son ouverture au tourisme, le gouvernement a fait passer un message limpide aux Birmans : les touristes ne seront pas tenus responsables de leurs actes, mais quelqu’un le sera. Exemple : il faut avoir une licence spéciale pour héberger des étrangers. Si un Birman invite un touriste sans posséder cette licence, il peut être sévèrement puni. De même pour un fermier qui accepterait qu’un cyclotouriste campe dans son champ. Si un touriste déclare un objet volé dans le bus, c’est le conducteur qui sera responsable. Et les militaires ne sont pas tendres.
Le côté positif : voyager en Birmanie est sans risques, en tout cas pour les touristes…

La taxe pour étrangers : il y a toujours 2 prix (pour les locaux, et pour les touristes). Cela a démarré avec les bus longues distances, les hôtels et les visites des sites religieux. Aujourd’hui la population l’applique avec plus ou moins de liberté (restaurants, petites boutiques, transports locaux, etc.). Il faut le savoir, et l’accepter dès le début car contrairement à d’autres pays où c’est une question de négociation, ici c’est normal. Ils préféreront perdre la vente plutôt que de vendre un produit au prix local à un touriste.

Le mot de la fin

Si vous êtes arrivés jusque là : merci de vous êtes accrochés et désolés pour la longueur de ce post, nous voulions raconter beaucoup de choses !

Le Myanmar est un pays fascinant qui mérite d’être visité. C’est un pays dont la population a énormément souffert sous la colonisation britannique et la dictature militaire. Pour autant, les birmans, qui ne possèdent que peu de choses sont gentils, ouverts, honnêtes et sincères.

Le pays ouvre ses portes au tourisme, mais les ouvre trop vite et peu précautionneusement. Nous espérons que le tourisme des prochaines années ne détruira pas la beauté de ce pays et le cœur des birmans.

16 reflexions sur “Myanmar (2/2)

  1. BOUSSAT

    Merci beaucoup Tracy et Clément de nous faire partager de si belles images.

    Bonne route !
    Colette et Jean-Claude

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci à tous les deux.
      C’est un grand plaisir de partager un bout de notre quotidien, et une grande joie de voir que nos images plaisent (surtout à de si bon photographes!)
      Bises,
      Tracy et Clément

  2. Cilleros Monique et Jean

    De superbes photos dignes d’un professionnel. Merci de nous faire partager tous les événements vécus. Si on avait votre âge je crois que nous aurions aimé faire de même. Continuez, vous aurez des souvenirs pleins la tête pour la vie.
    Bonne continuation et à bientôt pour un nouveau post …..

    Monique et Jean

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci beaucoup, cela nous fait toujours aussi plaisir d’avoir des retours sur ce que l’on écrit!
      En effet, nous emmagasinons les souvenirs et ce n’est que du pur bonheur.
      A très vite via un prochain post 🙂

  3. Mariette & family

    Encore un récit qui nous fait voyager et des photos qui méritent une exposition tant elle sont la traduction parfaite de ce récit…
    Les filles ont beaucoup aimé les portraits, surtout ceux des enfants, vous vous en doutez.
    Une étape marquante pour sûr! Hâte de vous suivre encore dans vos découvertes.
    Et Tracy hâte de voir ton tatouage;-) Clément 20 ans… no coment.

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci !! On a passé beaucoup de temps à préparer ce post là. La Birmanie nous a vraiment marqués, et on voulait le faire passer à travers le blog. On est vraiment content que ça plaise ! 🙂

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci ! On vous retourne le compliment, on est super jaloux de vos photos dès qu’on va sur votre site 🙂
      On a shooté avec notre fidèle compact Fujifilm X30 (il est vraiment bien). Ce qui a changé par rapport aux photos précédentes, c’est que la Birmanie est vraiment magnifique, et qu’on a passé pas mal de temps avec des photographes, ça nous a motivé à faire attention à ce qu’on prenait.
      Prochaine destination le Cambodge, on s’apprête à passer la frontière (ô joie).
      On suit votre site avec beaucoup de plaisir en tout cas (http://declic-et-des-claques.com, un peu de pub ne fait jamais de mal ^_^)

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Oh la vache, on a mis beaucoup trop de temps à le comprendre celui là 😀 Excellent !

  4. Jenny

    Waouhhhhhh……!!!! Ce que vous nous montrez et décrivez est magnifique!!
    J’ attend toujours vos posts avec impatience ;-))))
    Gros bisous à vous 2
    (lollll pour l’âge qu’on vous a donné)

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci Jenny ! C’est tellement agréable d’avoir les retours de nos lecteurs ! Nous sommes ravis que le blog te plaise et espérons que tout se passe bien de ton côté. On pense fort à toi !

  5. marie-paule

    Bravo pour ce reportage passionnant à lire et à regarder , on oublie la distance et l’on se croit (presque) à vos côtés!, et vos portraits! on y ressent toute l’âme du photographe , digne du visa pour l’image de Perpignan…. Félicitations pour ce beau travail , à bientôt la découverte de votre prochaine étape.

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Merci !! On est vraiment content que ça te plaise ! On a vraiment été marqué par la Birmanie et elle nous manque déjà !

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