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Cambodge – Partie 2

De Siem Reap à Battambang

Pour quitter la ville de Siem Reap et rejoindre Battambang, deux choix s’offrent à nous : le bus (4$, quelques heures et rien de bien excitant) ou le bateau (25$, mais beaucoup plus intéressant car le trajet passe au milieu des villages flottants du lac Tonlé Sap, conseillé dans tous les guides). Vu qu’on est en saison sèche, on s’assure quand même avant de partir qu’il y a assez d’eau pour pouvoir prendre le bateau. Après un petit coup de fil, le gars de l’agence nous confirme que oui oui, c’est bon. Parfait, on réserve nos tickets pour le lendemain et nous profitons de la journée pour trier notre million de photos des temples d’Angkor 🙂

Le lendemain matin, départ à 6h30 avec un minivan qui vient nous chercher pour nous amener au port. Nous nous interrogeons lorsque le chauffeur nous dépose à une station de bus. Nous montrons nos tickets à plusieurs personnes du staff, et tous font oui de la tête et nous indiquent un des gros bus au fond de l’entrepôt. Clément flaire l’entourloupe et finit par trouver un responsable pour vérifier que nous allons bien au port. Et là, c’est la panique: notre bateau part dans 20 minutes, nous ne sommes pas au bon endroit, ce n’est même pas la bonne compagnie (ils n’organisent pas de voyage en bateau). Malgré la nonchalance générale, Clément arrive à obtenir qu’ils rappellent le chauffeur du minivan. C’est la confusion générale, le chauffeur essaie d’appeler la compagnie qui gère le ferry, ne sait pas ce qu’il doit faire, etc. Au final, on se retrouve dans un tuk-tuk qui nous fait un remake du film ‘speed’ en inversé : c’est comme si il y avait une bombe prête à exploser dès que le tuk-tuk dépasse les 10km/h… Après un trajet interminable, on nous balance dans le bateau qui nous a attendu : une espèce de grosse barque motorisée trop petite pour les 40 personnes qui nous regardent furieusement (le bateau aurait dû partir depuis 30 minutes)…

Le consensus général au niveau des autres passagers étant de ne pas trop se bouger pour nous laisser nous asseoir tous ensemble (nous voyageons toujours avec Camille), on finit tous sur le toit du bateau avec les sacs. Il fait chaud, on prend le soleil en pleine face, mais au moins on est tranquille, la vue est sublime et on peut prendre les photos qu’on veut. Les villages flottants sont vraiment intéressants à voir et ne ressemblent à rien que l’on ait pu voir jusqu’à présent.

 

À peu près à la moitié du trajet, on s’arrête dans une sorte de restaurant flottant. Chouette, une pause ! On se rue sur les boissons fraîches. Pendant que nous sirotons dégommons nos bouteilles d’eau, le staff se met à décharger tous les bagages. Inquiets, plusieurs voyageurs demandent ce qu’il se passe, et après avoir insisté pendant plusieurs minutes, on finit par apprendre que « Plus d’eau, il faut prendre le bus ». Soit. Ça fait chier, mais si y’a plus d’eau, y’a plus d’eau ! C’est alors qu’ils nous dirigent vers 2 pick-ups des années 80 garés dans la brousse avoisinante. Tout le monde reste calme et serein jusqu’à ce qu’on les voit charger les sacs sur les toits. Si les bennes ne servent pas à mettre les affaires, qu’est-ce qui va dedans… ? S’ensuit un gros mouvement de foule pour avoir une place assise dans une des bennes. Aucun de nous trois n’ayant envie de se battre, on les regarde un peu perplexes. Les conducteurs nous font signe de monter dans une des benne déjà blindée. N’ayant plus le choix et malgré les protestations d’autres voyageurs nous montons quand même et restons pendant un temps debout au milieu. Le point positif, c’est que nous apprenons à danser le tango/rodéo sur les routes en terre bourrées de nids de poule et autres joyeusetés…

Assez rapidement, tout le monde se rend compte que ça ne va pas le faire, et on arrive à trouver une pseudo solution pour que l’on puisse « s’asseoir ». Les bagages montent trop haut et nous ne passons pas certain portiques en bambou : il faut tout démonter et remonter à chaque fois, sauf pour le fil électrique, celui là on l’a arraché.

Une des voyageuses, la peau blanche comme neige, brûle tellement sous le soleil qu’une femme qui était dans la cabine du pick-up (avec air-conditionné) lui offre son haut et finit en soutien-gorge pour la fin du trajet. La pile de bagages s’éffondre sur la route, on mange la poussière, bref, un grand moment ! Les locaux que l’on voit sur la route trouvent la situation hilarante, le même scénario se répète certainement tous les jours.

 

Arrivés à Battambang, nous ne sommes pas déposés dans le centre (ça aurait été trop facile) et on se fait attaquer par les tuk-tuk. Nous sommes heureux une fois posé dans notre guesthouse et après une bonne douche froide. Ce trajet aura le mérite d’être mémorable, et nous aura permis de faire la connaissance de Yohann et Pierre, avec qui nous passons une très bonne soirée.

Battambang

Battambang est la 3eme ville la plus importante du Cambodge, mais est pourtant très calme. L’après-midi, on peut se balader tranquillement le long de la rivière pendant que les gens font du sport sur les équipements en plein air tandis que le soir, les rues sont pratiquement vides. Plus que les quelques bâtiments coloniaux présents dans la ville, c’est surtout la campagne alentour qui est intéressante. Après avoir loué nos petits scooters, nous partons explorer.

Les quelques temples actifs au nord de la ville ne sont pas particulièrement extraordinaires, mais on peut tout de même noter la décoration quelque peu surprenante de certains. Nous allons également voir le « Puits des ombres », un bâtiment érigé en commémoration du massacre perpétré par les Khmers Rouges de Pol Pot dans les années 70. Peu familiers de ce chapitre sombre de l’histoire Cambodgienne, nous sommes choqués par les bas-reliefs décrivant les tortures infligées à la population. Par respect, nous ne prenons pas de photos et nous renseignons un peu plus sur le sujet.

 

L’après-midi, nous avons une seule mission : voir des chauves-souris. Notre premier arrêt se situe au niveau d’un temple un peu isolé où de nombreuses chauves-souris roussettes (appelées « renards volants » en anglais) sont suspendues aux arbres. Ces chauve-souris diurnes sont énormes et nous essayons tant bien que mal de les prendre en photo en plein vol. N’y arrivant pas vraiment, nous nous approchons d’une famille vivant non loin de là pour leur demander si il y a d’autres arbres autour avec des chauves-souris pour que nous puissions les prendre en photo de plus près. Leur fille, la seule qui parle anglais, est expressément sortie de sa douche pour que nous puissions communiquer. Le père de la famille se lève et commence à se diriger vers l’arrière de la hutte en nous demandant « vous voulez les voir voler ? ». On lui dit de ne pas déranger les chauves-souris, mais il part quand même. Quelques minutes plus tard, alors que nous discutons tranquillement, on voit des dizaines et des dizaines de roussettes s’envoler dans toutes les directions et notre homme revenir le sourire au lèvre en les pointant du doigt. On ne sait pas ce qu’il leur a fait, mais elles se sont enfuies et il semble très fière de lui ! Nous discutons un peu plus avec la famille puis partons au milieu des rizières asséchées pour rejoindre une grotte à chauves-souris au sud-ouest de la ville.

 

C’est une des attractions principales de la ville, et nous nous installons en compagnie de bon nombre de voyageurs pour attendre le crépuscule. Plus l’heure avance et se rapproche du coucher de soleil, plus le nombre d’appareils photos dégainés est important. Enfin, à presque 18h30, des milliers et des milliers de petites chauves-souris sortent en flot continu de leur grotte pour aller chasser.

Phnom Penh

Cette fois, nous prenons le bus 🙂

Nous avons trouvé la ville de Phnom Penh aérée et dynamique avec beaucoup d’esplanades grouillantes d’activité le matin et le soir (cours d’aérobics en plein air, joueurs de football, de chinlone, de badminton, etc.) L’ambiance y est très agréable.

 

Nous avons passé une journée à visiter le musée de Tuol Sleng (aussi connu sous le nom de S-21). Ce musée retrace l’histoire de cette ancienne école qui a servi de prison et de centre de torture aux Khmers rouges lors de la prise de pouvoir par Pol Pot entre 1975 et 1978. En 3 ans, 17 000 personnes sont torturées dans ce centre avant d’être exécutés aux « Killing Fields » situés à 15km de là. Le musée est très bien fait, tout comme l’audioguide qui l’accompagne, et les reportages sont poignants. Pendant le règne de Pol Pot, toute personne possédant quelque éducation que ce soit est systématiquement torturée afin d’obtenir des aveux pour des crimes imaginaires puis tuée. Le simple fait de porter des lunettes était assimilé au fait d’être un intellectuel et était synonyme d’emprisonnement. La population restante était forcée à travailler dans les champs, souvent jour et nuit et dans des conditions sanitaires déplorables. Il est estimé que 2 millions de Cambodgiens, soit 25 % de la population, ont trouvé la mort pendant ces quelques années.

Nous conseillons vivement à tout voyageur se rendant à Phnom Penh de visiter ce musée. Poignante et explicite, cette visite prend aux tripes mais force à réfléchir sur les conséquences de cette barbarie sur la population actuelle.

Nous passons notre dernière soirée au Cambodge, ainsi que notre dernière soirée avec Camille au marché de nuit, profitons de la musique, mangeons de la glace à noix de coco et nous baladons le long du Mékong.

Le lendemain, nous partons pour Vientiane, rejoindre Yann, un ami du père de Tracy, venu visiter sa famille à la capitale.

 

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