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Laos – Un tour à moto

Le Laos est le pays le moins peuplé d’Asie du Sud Est (7 millions d’habitants). En terme de densité, il est plus au moins au même niveau que le Kirghizistan. Il est également moins visité que ses voisins (Cambodge, Vietnam, Thaïlande). Le pays est réputé pour son ambiance paisible et son rythme de vie assez lent.

La frontière

Au passage de la frontière, des frais non-officiels s’ajoutent au frais du visa : il faut payer 2$ pour avoir un tampon de sortie, puis 1$ d’overtime pour les douaniers qui font le visa à l’arrivée car il est 16h03, puis 2$ pour le tampon d’entrée. L’encre doit coûter très cher au Cambodge et au Laos.
Nous restons en groupe avec d’autres voyageurs pour faire bloc, évitons les 2$ de frais de sortie en négociant un peu (de toute façon au pire, ils nous sortent du pays et c’est justement ce que l’on veut) mais nous n’arrivons pas à éviter le reste. Le douanier Laotien garde nos passeports en main et répète « tu ne me payes pas, je ne te parle pas ». La bonne nouvelle c’est que depuis nous avons pu lire dans la presse locale que ces dérives aux frontières sont désormais ciblées et devraient disparaître petit à petit (pour le Laos en tout cas).

Vientiane

Nous arrivons à Vientiane le matin après 24h de trajet depuis Phnom Penh. Nous sommes heureux d’avoir découvert les bus couchette : quel luxe d’être complètement allongé dans un bus ! A la station de bus, un local voit de loin que les chauffeurs de tuk-tuk sont très insistants avec nous. Étant venu chercher de la famille, il nous propose de nous déposer dans le centre ! Merci à lui ! À peine arrivés, nous retrouvons Yann et sa sœur Marion. Ils nous invitent à manger un Pho (une soupe de nouilles que l’on retrouve un peu partout en Asie du Sud-Est) et nous présentent à leurs amis Ophad et Anouradj, qui habitent Vientiane. Anouradj propose très généreusement de nous prêter sa moto pour que nous puissions explorer le Laos, ce que nous acceptons avec joie ! Nous passons quelques jours à Vientiane durant lesquels nous faisons notre demande de visa chinois, visitons le Buddha Park et flânons au marché de nuit le long du Mékong avec Yann et Marion.

 

Nous prenons aussi le temps d’écrire un post de blog, de visiter le Talat Sao (grand marché intérieur de Vientiane) et de se faire une partie de Bowling (à la Laotienne!).

 

Anouradj nous présente François, un expatrié à Vientiane qui nous donne des conseils sur la Chine où il a vécu 17ans. Et la réaction en chaîne des rencontres ne s’arrête pas là puisque François nous envoie voir Jean-Yves, un expatrié français qui tient une agence de voyage à Vientiane et qui revient tout juste d’un trip dans le transsibérien. Jean-Yves nous invite même chez lui où nous rencontrons sa femme et ses deux enfants. Il nous donne plein de conseils, tant sur la Russie que sur le Laos. Excellente soirée en leur compagnie !

 

3 semaines à moto

Une fois nos visas chinois en poche, nous quittons Vientiane avec la moto d’Anouradj. C’est une petite 125 Japonaise au moteur Chinois et aux plaques Vietnamiennes qui roule bien, mais les vibrations (le cale pied arrière est soudé au pot d’échappement) nous font vite comprendre que faire plus de 100kms par jour sera compliqué. C’est parfait, on comptait y aller tranquillement !

Vientiane – Vang Vieng

Nous faisons le trajet sur deux jours, en s’arrêtant au passage manger dans un restaurant flottant, conseillé par Jean-Yves. Le principe est simple : on commande son repas dans le restaurant au bord de la rivière, celui-ci est amené sur un radeau que l’on loue et pendant 1h, les passagers ont le plaisir de manger tout en se baladant sur la rivière. Un moment de relaxation complet pour tous les deux ! Nous passons voir le marché aux poissons séchés et allons aussi voir le barrage de Nam Ngum (le premier barrage hydroélectrique du Laos), qui a créé un énorme lac artificiel.

 

Vang Vieng est toujours connue comme la ville où de jeunes « backpackers » viennent faire la fête jusqu’à outrance, et accessoirement du « tubing » : cela revient à descendre la rivière vautré dans une bouée gonflable (en général avec une bière dans une main, et la perche à selfie dans l’autre). La scène fêtarde de Vang Vieng s’est grandement assagie (trop d’abus a amené le gouvernement à réagir et à fermer tous les bars installés le long de la rivière qui étanchaient la soif de tous ces « tubeurs »). Malgré cela, il y encore beaucoup trop des décès (26 l’année dernière) et une grande majorité des locaux ne se baigne plus dans la rivière considérée comme maudite.

 

Si la ville en elle même est assez moche, la campagne environnante, elle, est absolument magnifique avec ses montagnes karsts qui montent à pic au milieu des rizières, ses grottes et ses bassins à l’eau turquoise.

 

Vang Vieng – Kasi

De Vang Vieng nous allons jusqu’à Nola Guest House, une auberge tenue par une famille laotienne et Alex (d’origine Uruguayenne, qui prend le rôle d’interprète et guide des environs). L’ambiance est familiale : tous le monde discute dans la pièce commune, accolée à la cuisine, en grignotant les fruits offerts par la famille. Le soir, on mange ensemble le repas commun assis sur des coussins et autour de petites tables en bambou. On profite de ses repas au menu unique pour goûter les œufs de fourmis (cela ressemble à des haricots blancs, c’est très juteux mais n’as pas beaucoup de goût) 🙂

 

Deux endroits complètement cachés nous sont indiqués : un endroit de rêve pour se baigner dans la rivière où nous passons une fin d’aprèm fantastique et le « pont qui fait peur », un pont en bambou peu stable, à 12m au dessus de la rivière, le challenge étant bien sûr de le traverser complètement.

 

Nous passons une journée à discuter avec Guillaume et Nata, deux voyageurs super sympas avec qui nous avons bien accroché 🙂

Kasi – Luang Prabang

Nous nous arrêtons au Hot Spring Resort situé à 30km de Kasi. Le cadre est somptueux et pour la modique somme de 5000 Kip (0.60€) nous pouvons profiter d’une baignade dans la source d’eau chaude naturelle. Nous dormons un peu plus loin, à Phoukhoun, afin d’arriver à Luang prabang le lendemain. La route dans les montagnes, bien que difficile à moto (il faut qu’on la laisse se reposer de temps à autre), vaut vraiment le coup.

 

Luang Prabang

Inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO, cette ville est connue pour ses temples bouddhistes, ses bâtiments à l’architecture coloniale et ses cascades. Rien d’étonnant à ce qu’elle soit la première destination touristique du pays.

Au centre de la ville, sur cette langue de terre encerclée par le Mekong d’un côté et la rivière Nam Khan de l’autre, on trouve un mélange de bâtiments traditionnels Lao et de bâtiments coloniaux, abritant un très grand nombre de boutiques d’artisanat local et hôtels de luxe. Les très nombreux temples blancs, décorés de peinture rouge et dorée sont magnifiques et particulièrement paisibles. C’est le genre de ville où il fait bon flâner au hasard.

 

Le mont Phou Si, une petite colline située au centre de la ville, offre de très belles vues de la région. Il est préférable d’y rentrer par le sud, car ce flan est beaucoup moins fréquenté et arbore des petits escaliers à flanc de rocher amenant de temple à temple. En sortant par le nord, on a une vue imprenable sur le palais royal et le marché de nuit qui s’étend sur la rue principale.

 

Nous avons assisté à une performance du ballet royal de Luang Prabang. Vu le nom super classe, on s’attendait à quelque chose de grandiose, mais nous sommes un peu restés sur notre fin. C’était très intéressant de pouvoir écouter de la musique traditionnelle Lao et de voir les danses traditionnelles (basées sur des mouvements de mains), mais le jeune âge et l’attitude de l’essentiel des acteurs/danseurs ainsi que les quelques problèmes techniques son et lumière ont donné au spectacle l’impression d’être une répétition plus qu’une représentation. Exemple : un des musiciens gardait son fils de 2 ou 3 ans pendant la représentation. Normalement caché derrière son père, il était parfois sujet à l’ennui et se mettait à ramper un peu partout sur la scène. Malheureusement pour les acteurs, cela se ressent dans la salle (il y avait moins de spectateurs que de participants au spectacle). Malgré tout, c’était très sympathique et on a passé une très bonne soirée ! A la fin, les acteurs posent quelques minutes afin que les spectateurs puissent prendre des photos 🙂

 

Une des attractions principales de la ville, la cascade de Kuang Si fait partie des meilleurs choses que nous ayons vues au Laos. Située à 25kms de la ville, il s’agit d’un parc assez grand où l’on trouve un centre de protection et de soins pour les ours victimes du braconnage, et bien sûr les fameuses cascades à plusieurs étages et aux bassins turquoise. Il est possible de s’y baigner, ce que l’on a trouvé un peu dommage car cela transforme assez rapidement l’endroit en concours de selfies sur la cascade. L’endroit reste absolument magnifique et à ne surtout pas manquer !

 

Luang Prabang – Nam Pouy

Nous décidons de rentrer à Vientiane par une route différente, en longeant le Mékong. Cela signifie d’abord suivre la route 4 vers Xayaboury. Nous commençons la journée par une visite à la cascade Tad Sae qui est sur notre chemin, à 15kms de Luang Prabang. Après avoir payé pour le parking, la traversée en bateau, l’entrée dans le parc naturel de la cascade, nous nous retrouvons face… à rien du tout. Pas une goutte d’eau, rien. Sacrément déçus, nous marchons quand même un peu dans les environs avant de rebrousser chemin.

 

Sur la route, un peu avant d’atteindre la ville de Xayaboury, on aperçoit les premiers signes du Pi Mai (le nouvel an Laotien, festival de l’eau), puisqu’un groupe de jeunes adolescents attendant patiemment au bord de la route nous arrosent joyeusement au passage de la moto au niveau de leur stand improvisé. Vu la chaleur qu’il fait, on est plutôt content de se faire rafraîchir et les remercions en criant « Kop Chai Lai Lai !! » (Merci beaucoup en laotien).

La ville n’a rien de bien particulier, c’est surtout un point de départ pour se rendre au camp pour éléphants juste à côté, et il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Ce centre à l’air très bien éthiquement, mais les prix nous freinent un peu : c’est minimum 2 jours de visite pour 200€/personne (sinon on peut aussi aller y faire du volontariat en payant 500€ la semaine). Nous avons quelques difficultés à communiquer avec les gens, qui ne parlent pas du tout anglais. L’avantage, c’est que ça nous force à apprendre quelques mots de vocabulaire Lao pour pouvoir manger !

On repart le lendemain pour aller à Nam Pouy, un village le long de la route qui se situe en bordure d’une réserve forestière nationale. Nous essayons de rentrer dans cette dernière avec la moto dans l’espoir d’y observer de la vie sauvage, mais les routes s’avèrent être en tellement mauvais état que nous devons rebrousser chemin au bout de 5kms. Qu’à cela ne tienne, nous partons en direction de la rivière pour s’y baigner (un échange de gestes avec des locaux sympathiques nous indique où aller pour pouvoir nager). Nous nous retrouvons au milieu d’une cinquantaine d’enfants en train de jouer dans la rivière, qui ont visiblement trouvé notre apparition très étrange. On essaye de communiquer avec eux mais sans grand succès. Certaines filles se mettent à se jeter de l’eau pour qu’on les prenne en photos tandis que des garçons se bagarrent pour nous montrer qui est le plus fort ! Après s’être jetés à l’eau avec eux, les enfants nous regardent toujours aussi bizarrement : ils sont à la fois intrigués, amusés mais certains semblent aussi apeurés. Ne sachant pas si nous sommes en train de faire quelque chose qui ne se fait pas du tout ici, nous préférons partir.

 

Nam Pouy – Vientiane

Peu après notre départ de Nam Pouy, une forte pluie se met à tomber par intermittence. Cela nous oblige à nous arrêter précipitamment pour chercher un abris à deux reprises. La première fois en compagnie de quelques travailleurs des champs alentours venus s’abriter également, la deuxième fois avec une famille très gentille qui était en train de déjeuner. Dans les deux cas, le fait que nous ne parlions pas Laotien et qu’ils ne parlent pas Anglais limite les échanges possible, et une fois que l’on a réussi à faire comprendre que l’on était français, qu’on venait de Nam Pouy et qu’on allait à Pak Lay (notre prochaine étape), il est difficile de rompre avec le silence gênant qui s’installe. Malgré cette barrière, ils font tout pour nous aider, essayer d’échanger avec nous, et nous offrent de l’eau (en bouteille!). Un point qui semble intriguer les gens : le tatouage de Clément. A plusieurs reprises des gens ont essayé de le frotter pour voir si il était permanent !

Pak Lay est une petite ville au bord du Mékong possédant quelques bâtiments d’architecture coloniale. Autrefois une ville florissante due à sa position stratégique (à la jonction entre la voie fluviale sur le Mékong et la route des caravanes vers l’ouest), elle est aujourd’hui un peu tombée dans l’oubli. Nous allons dans un garage et après des échanges de gestuelle qui font rire tout le monde et un peu d’aide de Google Traduction, on arrive à faire changer quelques pièces sur la moto qui commence à fatiguer 🙂

Le pont qui relie Pak Lay à la route 11 en direction de Vientiane n’étant pas encore terminé, nous devons donc prendre le bateau pour traverser le Mékong. Bateau est d’ailleurs un bien grand mot puisqu’il s’agit au final de deux petites barques attachées ensemble et sur lesquels une palette en bois a été posée. C’est basique, mais ça permet de faire traverser 3 motos et des passagers.

 

La portion de route de Pak Lay à Vientiane a été sujette à une déforestation de masse. hormis une zone protégée, les paysages sont désolés, brûlés. La terre n’est pas utilisée pour la culture, en tout cas pas encore. Nous nous rapprochons de Vientiane et allons quelques jours au Vongkham Eco-Resort : situé à 17km de la capitale, cet endroit nous rappelle l’ambiance détendue de Nola Guest House. La chaleur battant son plein (plus de 40C avec des ressentis à 45C), la zone commune est parfaite pour ne rien faire en attentant le Pi Mai.

3 reflexions sur “Laos – Un tour à moto

    1. clementandtracy Auteur de l'article

      Comfirmé ! Il s’est abaissé d’environ 10cm d’un coup lorsque j’étais au milieu…
      Mon coeur a mis 2h avant de retrouver un rythme cardiaque normal
      Bisous!

  1. francis

    Toujours aussi magnifique ! Vous nous donnez plus envie d’aller au Laos que dans certains autres pays. Et arrêtez de faire peur aux enfants ! Bonne continuation et vous fatiguez pas trop;
    Gros, gros bisous

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