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Début de l’aventure Chinoise !

La Chine est le pays le plus peuplé au monde, avec la plus longue frontière terrestre continue (22 722 km de frontière avec 14 pays), le plus grand pays d’asie orientale, la 1ere puissance économique mondiale en terme de pouvoir d’achat, le premier exportateur avec la plus grande armée au monde, etc. Bref, la chine nous attirait, nous fascinait mais nous faisait aussi un peu flipper. Que d’histoires d’autres voyageurs qui nous décrivaient la Chine comme une aventure à part entière, où personne ne parle anglais, et où tout est extrêmement compliqué.

Contrairement aux autres pays, nous avons donc pris le temps de planifier notre séjour : décider en avance ce que nous voulions voir, réserver les nuits, repérer les bus et trains disponibles (merci internet, et google translate!) pour le mois à venir. Certains dirons que cela enlève du charme au voyage, peut-être, mais cela nous a permis une dose de stress en moins et de visiter un maximum d’endroits.

Après 4 mois en Asie du Sud-Est, nous avions hâte d’aller découvrir l’empire du milieu.

La frontière

Nous sommes partis de Luang Namtha le 2 mai au matin. Cette journée a d’ailleurs failli très mal commencer puisqu’à peine descendus du tuk-tuk le chauffeur d’un des bus regarde nos tickets puis prend nos sacs et les met dans la soute, en nous répétant « Meng-La, ok ! ». Vu que son bus indique Vietnam, on a quelques doutes et on insiste, en répétant que nous voulons aller en Chine. Il continue à dire oui, jusqu’à ce qu’un local intervienne et lui explique en Laotien où nous allons. Il a alors soudainement fait « no no no no » et a sorti nos sacs de son bus… Le Vietnam ça ne sera pas pour cette fois !

Une fois arrivés à la frontière, nous (seuls occidentaux du bus) avons été mis à part. Les agents de l’immigration ont gardé nos passeports un bon moment avant de venir nous voir pour nous demander en pointant du doigt chaque tampon « Et ça, c’est quel pays ? ». Puis les questions habituelles : pourquoi sommes-nous ici, qu’avons nous été faire dans les autres pays, comment allons nous partir du pays, etc… Pendant ce temps, leurs collègues scrutaient page par page nos passeports. Au bout de 45 mins, et aux appels à base de klaxon de notre bus qui nous attendait, on nous dit que c’est bon.

Un des douaniers nous fait passer au comptoir avec son collègue et là : même scénario. Ils sont tous gênés par quelque chose sur nos passeports mais nous ne savons pas quoi. Le gars finit par nous demander nos cartes d’identités, que nous n’avons pas. Tracy propose les permis de conduire : ça marche. On n’a rien compris. Bienvenue en Chine !

Depuis Meng-La, une ville proche de la frontière, nous prenons un bus de nuit pour Kunming. Nous avons été réveillés 2 fois pour des contrôles de police. Chaque nuit en chine doit être enregistrée (normalement les hôtels/guesthouses s’en occupent pour les touristes), cette fois-ci les policiers nous enregistrent directement dans leur système

 

Kunming

À Kunming, nous sommes immédiatement frappés par une chose : la ville est grande, propre, et beaucoup de panneaux sont également écrits en Anglais, contrairement à ce que nous avions pu lire. On file donc confiant à la gare pour acheter des billets de train : c’est le chaos complet, il y a des gens partout, quinze guichets ayant chacun une file de 50 personnes, et là il n’y a plus rien d’écrit en Anglais. Nous passons notre temps dans la queue à préparer nos petites fiches écrites en Chinois pour pouvoir réserver nos billets sans malentendu (nous avons trouvé ces fiches très pratiques sur le site de maninseat61, une mine d’information pour voyager en train où que ce soit dans le monde). Quelques personnes essaient de nous passer devant en rentrant en force dans la queue mais ils se font immédiatement chasser par les locaux derrière nous. Contrairement aux idées reçues, les Chinois font la queue, c’est juste qu’il y a plus de monde qui tente de gruger 🙂 Nos fiches marchent du tonnerre mais cela prend du temps car la guichetière doit taper nos nom pour chaque billet et a du mal à lire nos passeports. On finit par avoir nos billet et partons sous une huée de la file derrière nous.

Deuxième mission de la journée : acheter une carte sim locale. Et là, ça a été vraiment compliqué. Nous avons dû être envoyés dans une bonne quinzaine de magasins différents par des gens soucieux de nous aider, mais à chaque fois c’était toujours la même question : « Vous avez votre carte d’identité chinoise ? » Euh… ben non en fait. Après deux bonnes heures à courir à droite et à gauche, nous trouvons enfin le seul et unique magasin China Mobile qui accepte de vendre des cartes sim aux étrangers. Youpi ! Ah, tout est en Chinois, et personne ne parle Anglais… Bon c’est pas grave, on sort le Google translate (le peu de Chinois que connaît Clément ne suffit pas dans ce cas là) et on tente. On galère, on sait pas trop ce qu’on est en train d’acheter, et là, comme un ange tombé du ciel, une américaine d’origine Chinoise arrive et nous propose de nous aider ! Grâce à elle, tout s’accélère et nous sommes les heureux possesseurs d’une carte sim avec un internet très limité et digne des années 2000… Ils ont la 4G, mais pas pour nous ! 😀

Kunming est une ville moderne avec de nombreuses tours et riche (c’est fou le nombre de maseratti et de porsche que l’on a pu voir) mais qui paraît vivable grâce à ses nombreux espaces verts. Au green lake, on observe avec fascination les classes de Tai Chi en plein air et les petits groupes qui se rejoignent dans le parc pour jouer aux cartes.

Nous visitons le temple bouddhiste de Yuangtong qui ne ressemble en rien aux temples bouddhistes que nous avons pu voir en Asie du Sud-Est. L’architecture est bien évidemment différente mais l’ambiance aussi : on a plus l’impression de rentrer dans un parc très reposant et de se balader de petit pavillon en petit pavillon plutôt que de visiter un temple.

Il ne reste pas grand-chose de la vieille ville de Kunming. Le peu de vieille bâtisses encore debout sont en train d’être rénovés afin d’abriter des boutiques touristiques. De même, le marché aux oiseaux et fleurs n’est plus que l’ombre de lui même. À part quelques vendeurs assis sur le trottoir avec des cages remplies de chiots et de chattons entassés les uns sur les autres, des petits aquariums remplis de poissons et crustacés et quelques cages à oiseaux, il ne reste pas grand-chose. Ça fait plus mal au cœur qu’autre chose. Autour de ce vieux centre, on trouve maintenant beaucoup de gros centres commerciaux (notamment Carrefour et Walmart).

Nous avons assisté au spectacle de danse et de percussions « Dynamic Yunnan », en lien avec les 26 ethnies qui habitent le Yunnan est joué tous les soirs au théâtre de Kunming. La performance des artistes est bluffante, avec mention spéciale pour « Moonlight ». Gros gros coup de coeur.

Stone Forest

Shilin, à 2h de bus de Kunming, est connu pour sa « fôret de pierre », un site classé UNESCO.

Pas certains de vouloir le visiter à la base à cause du prix et du monde (à 30€/personne la journée pour un site naturel, c’est assez dissuasif) nous y avons passé une journée complète et ne regrettons pas. Les zones touristiques sont en effet très peuplées mais une fois sortis de celles-ci, nous nous sentions seuls dans le parc autour de ces formations rocheuses impressionnantes et originales.

Le parc est très aménagé : que des chemins pavés, du gazon tout frais et des bassins artificiels. Malheureusement, il semblerait que ce soit l’idée du management d’un site touristique à la chinoise, on n’a pas tous les mêmes goûts ! Cela n’enlève pas toute la beauté du site qui vaut la peine d’être vu.

 

Lijiang et Baisha

Nous sommes arrivés à Lijiang par le train de nuit. Nous avions entendu beaucoup de bien du réseau ferroviaire Chinois et n’avons pas été déçus ! Nos couchettes en « hard sleeper » étaient plutôt confortables et bien que nous n’ayons pas tant de place que ça, on a bien dormi. Arrivés à Lijiang, nous avons galéré pour trouver notre hôtel mais comme à chaque fois que nous avons l’air un peu perdu un local vient à notre secours, nous finissons par trouver l’endroit et posons nos sacs. Enfin, on n’est toujours pas vraiment sûrs que c’était bien l’hôtel que nous avions réservé. Ils nous ont dit que oui oui c’était celui là, mais ça ne correspondait pas aux photos et ils n’arrêtaient pas de nous demander pour quel prix on avait réservé (ils n’arrivaient visiblement pas à retrouver notre réservation). Au final, on nous a mis dans une chambre super luxueuse pour un prix dérisoire, nous on était content !

Suite à son inscription au patrimoine mondiale de l’UNESCO au début des années 90, la ville a connu un énorme boom touristique. L’inflation des prix a poussé hors de la ville la minorité ethnique des Naxis qui ne pouvaient plus se permettre d’habiter le centre de Lijiang. Aujourd’hui, les vieilles bâtisses sont toujours là mais chaque intérieur a été rénové en une série de boutiques touristiques, d’hôtels et de restaurants. On a eu l’impression d’être dans une attraction de disneyland ayant pour thème « vieille ville chinoise ».

Chaque jour à 14h, des Naxis réalisent un spectacle sur la place de la veille ville mais aucun des artistes n’avait vraiment l’air heureux de participer à cette mise en scène pour «partager leur culture ».

Ce que nous avons trouvé de beau à Lijiang est la Black Dragon Pool. Un lac bordé de pavillons sur lequel se reflète la chaîne de montagne « Jade Dragon Snow Montain » dont le plus haut sommet est à 5596m.

Nous prenons une demi-journée pour aller à Baisha, un petit village au nord de Lijiang où l’ambiance est bien meilleure. Baisha semble pour le moment réussir à maintenir un bon équilibre entre tourisme et vie locale. Bien que touristique également (on y trouve un bon nombre de petits cafés, restaurants ainsi que quelques hôtels), il y a toujours des locaux qui y habitent et qui s’y promènent, ce qui donne un côté beaucoup moins artificiel à la ville.

Il y a dans cette petite ville une école de broderie sur soie que l’on peut visiter et qui en vaut vraiment la peine. Nous y avons été accueilli par une jeune femme à l’anglais parfait qui nous a montré toute la collection de broderies faites par les professeurs et les maîtres de l’école. Nombre des travaux que nous avons pu voir (impossible de les photographier bien entendu, vu qu’ils sont à vendre) étaient d’une qualité extraordinaire, la plupart ayant mis plusieurs années à être complétés.

Enfin, nous ne pouvions pas passer à Baisha sans aller voir le fameux Dr. Ho, connu dans le monde entier pour sa médecine à base de plantes. Bien des blogs et journaux vantent les mérites de sa médecine traditionnelle. Il nous a beaucoup répété que plein de journaux parlaient de lui, qu’il était très connu, et que ses herbes pouvaient nous guérir (de quoi on ne sait pas trop). Après nous avoir mis sous les yeux un papier en Français indiquant la posologie de ses herbes miracles (le gage de qualité étant qu’elles viennent de la Jade Dragon Snow Mountain), il nous a promptement demandé un prix assez élevé pour un mois de traitement. Nous déclinons poliment son offre mais passons un peu de temps à discuter avec ce charmant vieux monsieur de 95 ans.

 

La gorge du saut du tigre

Cette gorge tire son nom d’une légende qui veut qu’un tigre ait bondi au-dessus des eaux torrentielles au fond de cette gorge. C’est une formation naturelle très impressionnante puisqu’elle offre un dénivelé maximum de 3790m entre l’eau et le haut de la gorge.
Aujourd’hui, la gorge du saut du tigre est un site touristique très prisé des cars de touristes Chinois, mais il est toutefois encore possible d’effectuer une randonnée de plus de 25 kms dans la partie haute de la gorge.

Dans le bus allant de Lijiang jusqu’à Qiatou (l’entrée de la gorge), nous rencontrons Solène et Édouard, avec qui nous déconnons bien, et nous démarrons la rando ensemble. Bien que des chauffeurs de minivans nous proposent avec insistance de nous conduire au prochain au village pour avoir moins à marcher, nous déclinons et prenons d’assaut la première montée sous le soleil. La première partie du sentier est plutôt ardue et n’est pas très intéressante en terme de vue (des travaux gargantuesques amenant une nouvelle voie ferrée sont en cours sur l’autre versant), mais ça faisait longtemps que nous n’avions pas marché comme ça, ce qui nous fait le plus grand bien ! On s’arrête au premier village pour pouvoir démarrer tôt le lendemain et profiter de la fraîcheur matinale, pendant que Solène et Édouard continuent leur route (ils prennent le bus retour le lendemain après-midi).

L’auberge « Naxi Guest House » où nous passons la nuit

Le deuxième jour s’avère beaucoup plus intéressant avec des points de vue à couper le souffle, un chemin à flanc de montagne et le son ravageur de la rivière en contre-bas. Le soir, nous nous arrêtons à Tibet Guesthouse, une auberge très charmante avec des propriétaires tibétains très sympas et prêts à discuter (en plus la bouffe y est vraiment super bonne) !

Le troisième jour, nous essayons d’aller en bas de la gorge, mais nous sommes confrontés aux multiples efforts plus ou moins légitimes faits pour nous aider à alléger notre portefeuille. On nous demande après une demi-heure de marche de payer 15 Yuans par personne en nous expliquant que cette partie de la gorge n’est pas comprise dans le ticket d’entrée car aménagée par les villageois et non pas par le gouvernement. Soit, on donne l’argent demandé et on continue. 10 minutes plus tard, une autre grille et cette fois un panneau nous expliquant qu’en fait, la partie pour laquelle nous venons de payer n’est pas gérée par les villageois mais par une seule famille, et que la suite est gérée par une autre famille et que donc il faut payer 15 Yuans de plus par personne pour remonter en utilisant l’échelle. Et si on ne veut pas utiliser l’échelle ? C’est quand même 5 Yuans pour pouvoir passer la grille et se rapprocher de l’eau. Ah, et c’est 10 Yuans pour utiliser chaque pont en bois qui permet d’aller aux endroits photogéniques… Assez exaspérés par tout ça et le « oui, mais… » permanent, nous refusons de payer pour descendre les 10 mètres qui restent et rebroussons chemin pour remonter en haut de la gorge.

Après un dernier repas fantastique à la Tibet Guesthouse (petits pains vapeur fourrés à la viande de Yak et fondue de fromage de Yak), on prend le bus qui nous amène directement à Shangri-La.

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