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Chine (3) : Entre montagnes féeriques et rizières en terraces

Direction Zhangjiajie : 19H de train, on est prêt ! Bon, on s’est laissé un peu aller sur le budget et on a pris des billets en « soft sleeper », l’équivalent de la 1ere classe. Seulement 4 personnes par cabine (oui, on dit bien une cabine, que l’on peut fermer pour s’isoler du bruit), des lits sur lesquels on a la place de s’asseoir, de l’espace en haut pour mettre nos sacs, une prise par cabine, des toilettes à l’anglaise, etc. Le grand luxe quoi !

Zhangjiajie

Nous avons changé de province et sommes désormais dans le Hunan. Pour ceux qui veulent s’y rendre et qui sont un peu confus avec tous ces noms et les choses à visiter dans la région, voici un petit récapitulatif. De la ville de Zhangjiajie vous pouvez visiter :

  • La Tianmen Mountain
    La visite commence dans la ville de Zhangjiajie d’où part un téléphérique de 7km de long, permettant d’accéder au haut de la montagne. Cet endroit est connu pour ses 3 passerelles de verre avec 1000m de dénivelé sous les pieds ! Entrée : 248Yuans/personne, 1 journée de visite.
  • Le grand Canyon de Zhangjiajie
    C’est la nouvelle grande attraction de la région : le plus long (380m) et le plus haut (300m) pont en verre au monde. Ouvert en 2016, il est très connu en Chine. Lorsque nous disions que nous allions à Zhangjiajie, tout le monde nous parlait de ça. Entrée : 248Yuans/personne. 1 journée de visite.
  • La zone protégée de Wulingyuan (site classé UNESCO depuis 1992) qui se compose de 4 parcs nationaux :
    – Zhangjiajie National Forest, le premier parc national chinois (1982)
    – Suoxi Valley Nature Reserve
    – Tianzi Mountain Nature Reserve
    – Yangjiajie Scenic Area

    James Cameron se serait inspiré de photos des plus de 3000 pilliers de grès de cette région dans le brouillard lors de la création de la planète « Pandora » du film Avatar. Une aubaine pour le parc qui a vu dans le film une façon de vendre beaucoup de produits dérivés. Le ticket d’entrée pour la zone de Wulingyuan coûte 248 Yuans et est valable 4 jours. Il inclut les navettes du parc mais exclut les téléphériques, trains touristiques et l’ascenseur Bailong, le plus long ascenseur extérieur au monde.

C’est seulement une fois sur place que nous avons compris que ces 3 sites ne se situaient pas au même endroit et que bien que les prix indiqués soit identiques, c’est bien des tickets séparés qu’il faut acheter.

La zone protégée de Wulingyuan

Le parc est divisé en deux parties : la partie haute et la partie basse ayant chacune leur système de bus pour se déplacer. La connexion entre ces deux parties peut se faire en téléphérique, en ascenseur, en marchant ou encore en se faisant porter en palanquin.

Le premier jour, en vue du mauvais temps, nous décidons de ne pas aller visiter la partie haute et de se concentrer sur la partie basse (randonnée dans la zone « Zhangjiajie National Forest », puis le long du « Golden whip stream »). Picnic prêt, vêtements de pluie enfilés, nous sommes en train d’attendre le départ du bus lorsque la pluie redouble d’intensité. Après quelques secondes d’hésitation, on abandonne lâchement et on rentre à l’hôtel. Au final on a bien fait, la pluie torrentielle ne s’est pas arrêtée de la journée.

Le deuxième jour, le temps est seulement gris, nous partons dans le parc. Comme nous sommes un peu radins et persuadés que nous sommes en excellente forme physique, nous décidons que nous n’avons pas besoin du téléphérique pour aller à la partie haute, et entamons l’ascension à pied.

La première demi-heure de marche est un chemin pavé au milieu de la vallée Suoxi qui longe la voie ferrée du petit train touristique, appelé « Ten Mile gallery ».

Fort heureusement, cela ne fait pas du tout 10 miles de long (5,8 km selon les panneaux qui veulent vous vendre le tour en train, mais nous n’avons marché qu’une demi-heure). Cette partie n’est pas très intéressante parce qu’il y a tellement de monde que nous avons dû faire la queue sur la totalité du chemin. Arrivés au bout, nous trouvons les escaliers qui nous amèneront en haut.

D’un coup, il n’y a plus personne. Enfin presque, nous montons avec deux Chinoises qui semblent avoir autant de mal que nous avec ces longs escaliers. Au premier point de vue, elles nous demandent de faire un selfie avec elles, puis nous offrent gentiment un mouchoir pour essuyer nos visages ruisselants. Mais pourquoi sommes nous les seuls à transpirer ici ?? Ce n’est qu’au bout d’un petit moment que nous réalisons que les signes台阶 écrits sur notre carte signifient “marches”, et que le nombre 5998 est écrit juste à côté… Il coûtait combien le téléphérique déjà ? 🙂 Nous profitons des points de vues, qui malheureusement ne ressortent pas en photo mais étaient majestueux en réalité.

Au bout de 2h, nous finissons notre ascension, sommes désormais dans la Tianzi mountain natural Reserve et ressemblons à ça :

Mais nous sommes fiers de l’avoir fait !

La première chose qui nous frappe est le McDonalds installé face aux montagnes (mais après tout pourquoi pas), et le monde qu’il y a autour de nous. On est au niveau des points de vue accessibles à pied depuis le téléphérique, et nous sommes entourés de groupes de touristes Chinois, ayant chacun un guide qui hurle dans un mégaphone pour être bien sûr que tout le monde entende. Cela crée un brouhaha très proche de celui d’une cour de récréation d’école primaire. Tous ces groupes n’ont qu’un seul but : se prendre en selfie au niveau des points de vue, et ils sont prêts à tout pour avoir leur photo. Un peu lassés d’être bousculés et d’entendre les guides hurler, on décide de prendre le bus pour aller dans une autre zone du parc, toujours dans la Tianzi Natural Reserve.

Nous nous arrêtons au niveau d’un groupement de points de vue un peu éloigné de tout ascenseur ou téléphérique et dont nous avons entendu le plus grand bien. Les deux points de vue les plus impressionnants sont « Cock Pecking » (ou « God Chicken Pecking », selon les panneaux) et « One dangerous step » qui tient son nom du fait qu’il faille faire un pas sur une grille en métal posé sur un précipice vertigineux. Les vues sont sublimes et nous sommes seuls.

Nous allons ensuite voir le « Trône de l’Empereur » ainsi qu’un pont naturel de grès « Celestial Bridge ».

Puis nous revenons au niveau du téléphérique que nous décidons (on ne sait pas bien pourquoi) de ne pas prendre. Le chemin du retour vers la partie basse est légèrement différent de celui de l’aller. Il y a un peu moins de marches et nous fait passer par la « South Heavenly Gate », une arche naturelle impressionnante.

Nous finissons le chemin sous la pluie, et prenons la navette pour revenir à notre hôtel, complètement rincés par tous ces escaliers.

Le lendemain, on commence la journée par prendre le téléphérique jusqu’à la réserve Tianzi Mountain. Les installations sont vraiment ahurissantes (on se demande vraiment comment ils ont installé des poteaux à des endroits pareils), les vues depuis la cabine impressionnantes, et nos jambes nous remercient.

De là nous prenons le bus pour la « Yangjiajie Scenic Area ». Demandez bien l’arrêt au chauffeur, sinon il ne s’arrête pas (et comme peu d’entre eux parlent anglais, il faut soit hurler, soit demander de l’aide à quelqu’un). C’est la partie la plus récemment développée du parc, ce qui se sent au niveau des infrastructures toutes faites dans le but de donner plus de sensations fortes : des petites échelles, des petits ponts et des chemins à flanc de falaise.

Mis à part que lorsqu’il y a deux échelles côte à côte, personne ne semble comprendre qu’il est plus optimal d’en réserver une pour monter et l’autre pour descendre (ça a rendu Tracy complètement folle), les vues sont imprenables et assez différentes de la Tianzi mountain.

Nous avions gardé pour la fin la zone la plus connue du parc où se trouve le pillier « Heavenly Pillar » aussi connu sous le nom de « Hallelujah Mountain » en référence au film Avatar. Le début de la balade se situe au niveau du KFC (non, ce n’est pas une blague) et celle-ci fait environ 3km de long.

Les paysages sont indéniablement merveilleux, mais la foule rend la visite insupportable. Les gens perdent tout sens de civilité. Vous n’avez pas le droit regarder le paysage plus de 3sec, le temps de prendre votre photo. Clément n’ayant pas l’appareil photo à ce moment là, il s’est tout bonnement fait virer des points de vues à plusieurs reprises par les autres touristes (cette fois-ci c’est Clément que ça a rendu fou).

Lorsque nous arrivons au point de vue « Avatar », nous entrons dans un autre monde. Une statue d’un oiseau du film a été installée et les gens peuvent monter dessus pour faire une photo. Mais l’attente est longue et les cars de touristes n’ont qu’un temps limité : qui aura la chance de ramener sa photo sésame chez soi ? La « queue » se transforme donc en pogo géant avec une moyenne d’âge étonnamment haute. Une scène sympa à observer, surtout que la statue n’est pas orientée face au pillier…

    

On sort de la foule en prenant la route qui descend vers la partie basse du parc. On passe par quelques beaux points de vue sans personne. Une fois arrivés en bas on longe la rivière, le « Golden Whip Stream », entouré par des pilliers impressionnants s’élevant verticalement de chaque côté. Les paysages sont tellement gigantesques qu’il est impossible d’appréhender la totalité d’un seul regard. On se sent tout minuscule pendant cette heure de marche avant de prendre le bus qui nous ramènera à l’hôtel.

Le lendemain nous décidons de ne pas nous rendre à la Tianmen Mountain, pas tant pour des raisons financières mais plus par peur de devoir faire face à une foule encore plus importante que la veille (les passerelles de verres sont très prisées des chinois), et nous savons que nous n’aurions pas apprécié notre journée.

Pour conclure, bien que notre expérience ait tout de même été un peu gâchée par le nombre de visiteurs (le parc en reçoit 20 millions/an) et le temps peu clément, nous ne regrettons pas notre visite à Zhangjiajie qui offre des paysages féériques et uniques au monde.


Fenghuang

Nous passons à Fenghuang car c’est sur notre itinéraire pour nous rentre aux rizières en terrasses de Longji. Nous n’y passons qu’une soirée, sans grosse attente de cette vieille ville réputée extrêmement artificielle. Nous partons nous balader le long de la rivière, bordée de vieilles bâtisses qui s’illuminent grâce à des centaines de néons fluorescents une fois la nuit tombée.

    

Puis nous rentrons dans le cœur de la vieille ville. On a l’impression qu’il existe une artère principale avec les mêmes boutiques de babioles que nous avions vu à Lijiang, Dali et Shangri-La mais que dès que l’on sort de ce circuit, la ville offre son lot de petites ruelles sombres pavées très charmantes et très photogéniques.

 

Longji Rice terraces

Ces rizières en terrasses portent le nom de « Longji », qui signifie « Dos de Dragon », car lorsqu’elles sont remplies d’eau au printemps, elles ressembleraient aux écailles sur le dos d’un dragon. L’élaboration de ces terrasses aurait commencé il y a près de 700 ans, et elles sont aujourd’hui toujours en activité.

Pour y aller, nous avions lu dans tous les guides qu’il fallait d’abord aller jusqu’à Guilin puis prendre un autre bus pour aller à Heping. Nous avons acheté un billet pour Guilin mais lorsque nous avons vu sur notre GPS que le bus passait par Heping, nous avons demandé au chauffeur si il pouvait nous y déposer. Aucun soucis pour lui, et cela nous a fait gagner une journée.

Nous partageons un minivan jusqu’à Dazhai, où la minorité ethnique des Yao habite. Nous montons au milieu des rizières et dormons dans le village de Tiantou. La vue est sublime, mais : pas d’eau.

A cette époque de l’année, les rizières sont censées être en eau afin d’accueillir les jeunes pousses de riz. Toutes les rizières que nous avons vues jusqu’à présent (sur la route) étaient en eau. Pourquoi pas celles-ci ?

Nous n’en sommes pas certains à 100 %, mais il semblerait que les villageois protestent contre la gestion du site par le gouvernement local. Celui-ci a mis en place un droit d’entrée qui ne fait qu’augmenter (95 yuans aujourd’hui contre 50 en 2010) et sous-traite la gestion du site avec les tours opérateurs, sans reverser aucun des bénéfices aux villageois qui cultivent les terrasses.

Ces dernières ne sont d’ailleurs plus assez rentables (très peu de machines passent dans les rizières aux formes aléatoires) et le riz qui est produit n’est pas destiné à être exporté. C’est pourquoi les paysans retardent voire annulent complètement leur mise en eau, dans l’espoir que la déception des touristes impactent les revenus du gouvernement et que ce dernier se décide à reverser une partie des bénéfices. Il est cependant difficile de trouver des sources fiables sur ce sujet, et nous n’avons pas réussi à obtenir plus d’informations sur place. Fin mai (du 26 au 30) les rizières n’étaient pas toutes sèches (cela dépendait des endroits) mais nous n’avons pas vu l’effet « dos de dragon » auquel nous nous attendions.

Même sans eau, l’édifice réalisé à flanc de montagne est époustouflant, et nous pouvons même profiter de la vue depuis notre chambre 🙂

Nous prenons une journée pour faire la randonnée de Dazhai à Ping’An. Une dizaine de kms à travers les rizières et la forêt sépare ces deux villages. Les paysages ne sont pas aussi beaux que les points de vue que vous pouvez avoir dans les villages mais l’ambiance est sympa. Une fois à Ping’An, on se rend compte qu’il y a beaucoup plus de monde qu’à Dazhai (les groupes qui viennent à la journée depuis Guilin ne visitent en général que Ping’An). Les points de vue officiels ne sont pas si merveilleux, mais nous obtenons des vues photogéniques entre ceux-ci.

Les femmes Yao : 
Les femmes de la minorité ethnique des Yao sont connues pour leurs très longs cheveux. Coupés une seule fois dans leur vie (à 18 ans), ces femmes détiennent le record du village au plus longs cheveux au monde, pouvant atteindre une longueur de 2m10. Pour se coiffer, elles ramènent toute leur chevelure vers l’avant, se servent d’une mèche de cheveux comme élastique puis font des tours autour de leur crâne ce qui donne l’aspect d’un turban de cheveux. Moyennant finance, elle peuvent les détacher pour se faire prendre en photo. A Ping’An, nous avons eu l’impression que c’était l’usine… Mais sur le chemin du retour à Dazhai nous rencontrons une villageoise qui au lieu des habits traditionnels Yao portait un magnifique pull « Cash for Cream » et avait un sourire radieux. Après 2 mins de discussion, elle nous propose de détacher ses cheveux : nous n’avons pas résisté. Elle avait l’air vraiment heureuse de cette transaction, nous aussi 🙂

    

Nos 30 premiers jours en Chine arrivant à leur fin, il nous faut vite sortir du pays (on ne va pas déconner avec les autorités chinoises!). Direction Guilin pour prendre le train à haute vitesse pour Shenzhen. De Shenzhen, nous passons à Hong Kong.

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