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Mongolia (3) : The Gobi Desert

Depuis le début de ce voyage, nous essayons d’éviter au maximum les tours organisés par des agences de tourisme. Ce n’est tout simplement pas notre truc. Mais fin avril, lorsque nous commençons à « préparer » notre séjour en Mongolie, nous avons du mal à trouver des informations et ce qui ressort est qu’il est très difficile (voire impossible) de partir en indépendant sans une longue préparation (ce que nous n’avions pas le temps de faire). Nous réservons donc un séjour de 8 jours avec “Meg Guest House”, une auberge et agence de tourisme que nous ne recommandons pas pour de multiples raisons (cela serait trop long de tout détailler).

Jour 1 : Baga Garziin Chuluu

La journée démarre de manière un peu désorganisée (chaque membre du staff semble nous dire quelque chose de différent), mais nous faisons la connaissance de Rosie et Matt, le couple Britannique avec qui nous passerons les 8 prochains jours. Nous rencontrons également notre guide, Youssef, très sympa et qui parle un Anglais absolument parfait, ainsi que Tsogo, le chauffeur de notre minivan russe.

Aujourd’hui, nous avons beaucoup de route pour pouvoir nous éloigner d’Ulaanbaator et nous rapprocher le plus possible du désert de Gobi. Ça tombe bien, cela nous permet de discuter avec Rosie, Matt et Youssef pour faire plus ample connaissance et en apprendre un peu plus sur l’histoire de la Mongolie. Pour midi, nous nous arrêtons dans un petit restaurant local au bord de la route, et nous déchantons tous rapidement en voyant les plats arriver (c’est un des pires repas que nous ayons eu depuis bien longtemps).

Après encore une heure de route sur le bitume, nous partons hors-piste pour rejoindre notre premier arrêt, la zone de Baga Gazriin Chuluu, une formation granitique située à 1750m d’altitude.

Après avoir passé un moment à escalader les rochers et à prendre en photo les points de vue, nous allons voir la grotte de Bolort (une petite grotte naturelle dans laquelle on peut rentrer en rampant et qui est vénérée par les locaux).

   

Nous allons également voir le « Eye Spring », une source d’eau naturelle réputée bénéfique lors de son utilisation comme collyre. Tsogo s’en met plein les yeux et nous assure que cela lui permet d’avoir une meilleure vue pour conduire. Tracy l’a testée, et porte toujours ses lunettes 🙂

La dernière visite de la journée est un temple bâti entre deux falaises, au niveau d’un oasis. Youssef nous explique que le temple a été détruit par les troupes communistes pendant les purges anti-religieuses (1937-1939). Il n’en reste aujourd’hui que des ruines.

Le soir, nous dormons tous ensemble dans un « Ger camp » (Ger est le nom Mongol pour yourte). Un concept que nous ne connaissions pas : des familles nomades installent des yourtes avec des lits de camps pour les touristes. Il y a en général plusieurs yourtes afin d’accueillir plusieurs groupes à la fois. Une sorte d’hôtel en plein milieu du désert 🙂 Les paysages alentours sont somptueux et nous profitons d’un magnifique coucher de soleil.

Nous passons une bonne soirée, bien que Clément commence à se sentir mal et que le repas du soir soit d’une qualité discutable. La nuit… une toute autre histoire. On se réveille à tour de rôle l’un et l’autre, malades, chacun à sa manière. Une bien courte nuit pour tous les deux.

Jour 2 : Tsagaan Suvarga

Nous partons du ger-camp sans vraiment avoir eu de contact avec la famille qui nous a accueilli. Nous n’avons rien à leur reprocher, mais on semble loin de l’éco-tourisme « dormir chez l’habitant » qui nous avait été vendu par Meg. La journée se passe surtout dans la voiture : piste, un peu de bitume, un pneu crevé puis encore de la piste.

Nous avons la chance de passer au niveau d’une source d’eau au moment de l’abreuvage des animaux. Les troupeaux ont accès à l’abreuvoir les uns après les autres. Un motard surveille son troupeau de chameaux pour qu’ils n’aillent pas prendre la place des chèvres. Tsogo profite de cette pause pour nous montrer ses talents Mongols et essayer d’attraper un cheval au lasso.

Nous visitons la stupa blanche « Tsagaan Suvarga », une formation rocheuse érodée par le vent de 60m de haut pour 400m de long. La roche est composée de minéraux qui lui donnent cette teinte colorée. Nous prenons des photos d’en haut, mais nous nous sentons encore trop malades pour partir randonner.

Le soir nous dormons dans un autre ger-camp, encore plus grand, où de nombreux autres groupes de touristes logent également. Le coucher de soleil sur l’étendue aride du désert de Gobi est magnifique ce soir là.

Jour 3 : Dalanzadgad et Yolyn Am

Encore une fois, nous passons l’essentiel de la journée dans la voiture sur des routes peu confortables. Fort heureusement pour nous, nos estomacs et intestins nous laissent à peu près tranquilles. Nous passons rapidement dans la ville de Dalanzadgad (la capitale régionale), histoire d’acheter quelques cochonneries à manger et de faire un tour dans le musée local. Au menu, quelques dessins de dinosaures et répliques d’os fossilisés (le désert de Gobi a été le siège de nombreuses fouilles archéologiques, mais l’essentiel ayant été “emprunté” par les pays occidentaux il ne reste plus grand chose sur place), des photos de pétroglyphes des environs, ainsi que des costumes et objets traditionnels des nomades de la région du Gobi.

Après encore un peu plus de route dans le minivan, nous arrivons en fin d’après-midi au canyon de Yolyn Am. Ce dernier tire son nom des oiseaux, les gypaètes barbus (une espèce de vautour) qui y habitent, appelés ‘Yol’ en Mongol.

Ce canyon est fameux pour son champs de glace épais de plusieurs mètres et long de plusieurs kilomètres en hiver, et qui reste présent parfois toute l’année. Enfin, en théorie car bien qu’il fasse bien plus frais à l’intérieur de la gorge que dans le reste de la région du Gobi, la température est assez loin de pouvoir permettre à de la glace de passer l’été.

Cela reste une balade très agréable, sous une température clémente et le long d’un ruisseau, qui permet une végétation abondante et une vie animale plus développée.

    

Nous nous dirigeons vers un ger-camp et sur la route, nous visitons le musée du canyon composé uniquement d’animaux empaillés.

Jour 4 : Route

Aujourd’hui pas de visite, uniquement de la route. Nous roulons tout le matin avant de s’arrêter dans une petite ville pour se ravitailler en eau. Les habitants viennent chercher l’eau au centre de la ville dans une petite maisonnette. Le gérant passe le tuyau par la fenêtre puis fait payer en fonction du nombre de bidons remplis.

La journée est ensuite gâchée par des appels téléphoniques à répétition avec Meg ou de la route pour trouver du réseau, histoire de régler des soucis techniques lié à l’organisation, ou plutôt la “non-organisation” de cette semaine.

Jour 5 : Khongoryn Els

Clément passe une très mauvaise nuit (à nouveau malade) et ne part pas avec le groupe pour la visite de Khongoryn Els, les dunes de sable. Elles sont réparties sur une bande de 100 km de long sur 6 à 12 km de large et jusqu’à 100 m de haut. Nous nous approchons d’une des plus hautes dunes et commençons à grimper.

   

Youssef, qui porte les douloureux symptômes d’un lendemain de soirée, abandonne assez rapidement. Il est plus difficile qu’il n’y paraît de monter la dune. Nos pieds s’enfoncent dans le sable jusqu’aux chevilles et pour 50 cm monté, nous glissons de 25 cm. On fait des pauses. Des dizaines de pauses ! Puis nous arrivons en haut et profitons de la vue. Magnifique !

Nous écoutons les bruits étranges qui nous entourent. Cette dune fait partie de la trentaine de dunes du monde appelées « dunes chantantes ». À chaque fois que quelqu’un déclenche une avalanche (avec les pieds par exemple), le sable entre en résonance et émet un son particulier, étonnamment fort. À chaque quantité de sable déplacée à une certaine vitesse correspond une fréquence particulière. On s’amuse avec ce phénomène pendant un long moment avant de descendre la dune en courant, en roulant et en glissant.

On retrouve Clément pour le midi, qui ne se sent toujours pas mieux. Youssef nous prépare un repas puis nous partons pour aller faire un tour de chameau ! Nous nous arrêtons chez une famille nomade et regardons avec intérêt Tsogo aider à la préparation du boudin noir et des tripes d’une chèvre.

Puis nous attendons 1h30 avant de comprendre que Tsogo (qui dormait lors de notre repas car lui aussi avait un peu trop mal aux cheveux) s’est négocié un repas avec la famille et que nous attendons qu’il ait mangé. Nous allons ensuite chez les éleveurs de chameaux. Outre que les gérants étaient fort peu aimables (à nous pousser vers les chameaux pour que l’on aille plus vite), voici à quoi ressemblait l’activité :


La photo de l’activité vendue par l’agence

Vs la réalité

Un aller-retour sur la route, attachés les uns aux autres, histoire de faire plaisir au touriste qui peut désormais dire « Je suis monté sur un chameau dans le désert de Gobi ». L’opposé de ce pour quoi nous voyageons. C’est ici un avis très personnel puisque nous avons dans la suite du voyage rencontré des gens ravis de cette activité.

Sur le chemin du retour, on passe goûter le boudin noir et les tripes. Miam !

Jour 6 : Bayanzag (Flaming Cliffs)

Nous roulons jusqu’à 16h pour nous rendre au site de Bayanzag, aussi connu sous le nom des « Flaming Cliffs ». Ce nom (se référant à la couleur rouge/orange des falaises) a été donné dans les années 1920 par le paléontologue américain Roy Chapman Andrews, venu ici pour faire des fouilles archéologiques. Les découvertes faites dans cette région incluent des fossiles de squelettes de dinosaures, ainsi que des œufs fossilisés de dinosaures.

Une fois arrivés au site, Youssef et Tsogo se mettent d’accord pour que Tsogo nous dépose en haut des falaises et parte avec le mini-van nous attendre de l’autre côté. Bien que les nuages menacent un peu au loin, Youssef nous assure que nous avons le temps de faire la randonnée avant que la pluie arrive. Il nous annonce fièrement que cet endroit est comparé par certains à une mini-version du grand canyon. On n’est pas convaincu par la comparaison : ce n’est pas un canyon mais une falaise, c’est beaucoup (BEAUCOUP) moins grand et c’est du sable. Bref, ce n’est tout simplement pas comparable.

Une fois au milieu des falaises, une pluie torrentielle nous empêche d’avancer. Nous nous réfugions derrière un rocher pour attendre que cela passe. Cela ne passe pas. Les chemins deviennent glissants à cause des multiples petits cours d’eau créés par la pluie qui transforme la terre en glaise. Youssef, qui n’arrive pas à avancer à cause de ses tongs, est dépassé par les événements. Il ne connaît pas le chemin pour descendre, et n’a pas convenu d’un point de rendez-vous précis avec Tsogo.

Clément, bien que malade, a une décharge d’adrénaline et prend les choses en main. Il galope partout pour repérer un chemin pour descendre. Impossible. Les chemins sont trop raides et la pluie les a rendus impraticables.

On finit par retourner en arrière et revenir au point de départ. Nous sommes complètement trempés et n’avons aucun moyen de joindre Tsogo (pas de réseau…). Youssef essaye de négocier avec toutes les personnes présentes sur le site et finit par trouver un arrangement avec une famille nomade qui vend des souvenirs au départ de la randonnée. Nous allons dans leur yourte, située à 2 km où on nous offre gracieusement du thé au lait ainsi qu’un feu pour nous réchauffer. Tsogo arrive 2h plus tard, visiblement pas très content car il vient de poiroter 4h dans son van. Oups…

On finit la soirée dans un ger-camp non loin de là chez une famille qui se donne beaucoup de mal pour trouver des combustibles afin de faire un feu pour que nous puissions faire sécher nos vêtements. Il est rare qu’il pleuve ici et les yourtes de la région ne sont pas adaptées : la moitié des lits de camp sur lesquels nous devons passer la nuit sont trempés.

Jour 7 : Route

Aujourd’hui, c’est au tour de Rosie d’être malade. Pas de chance pour elle, c’est la journée où nous faisons le plus de route (8h de piste très cabossée). En fin de journée, alors que nous en avons plutôt marre de rester assis dans ce van, nous passons visiter un temple en ruines qui s’est avéré être un temple dont la construction n’a jamais été terminée.

S’il n’a jamais été terminé, c’est qu’il a été frappé par la foudre. Les locaux y ont vu un signe de mauvais présage et ont donc décidé de ne pas poursuivre la construction. Une attraction un peu curieuse et pas très intéressante, qui nous a plus donné l’impression d’être là pour meubler un peu une journée de route pure.

Comme nous ne somme pas très loin de la famille du premier soir et vu que l’ambiance y était plutôt sympa, Youssef décide d’y retourner pour notre dernière nuit. Ce soir là, tout le monde sera malade…

Jour 8 : Route

C’est le dernier jour, et comme nous sommes assez loin de Ulaanbaator, il n’y a rien de prévu au programme, à part de la route (au moins, c’est du bitume et pas de la piste…). Le fait que nous soyons tous malades ne nous rend pas particulièrement joyeux, et nous passons l’essentiel de notre temps à préparer un meeting que nous avons demandé à avoir avec Meg et son staff a propos du déroulement de la semaine.

Pour faire simple, nous nous sommes faits avoir par les mensonges de Meg, son joli site internet et ses promesses de voyage de rêve aidant la population locale. Dans la réalité, l’éco-tourisme vendu n’existait pas, et nous n’avons pas eu assez de matériel de camping, ni de nourriture et d’eau potable. Au cours du meeting, nous nous rendons compte qu’ils se font plus de 60% de marge sur le dos des touristes. Nous aimerions pouvoir dire que seule l’agence de Meg fonctionne de cette manière, mais de ce que nous avons pu voir ou entendre d’autres voyageurs, il semblerait que bon nombre d’agences de tourisme Mongoles pensent à court terme et agissent de la sorte.

Hormis ces déboires, nous avons également été plutôt déçus de ce qu’il y avait à voir dans le désert de Gobi (beaucoup, beaucoup de route inconfortable pour peu de choses intéressantes à visiter). C’est un endroit vraiment mythique et nous avons malheureusement eu le sentiment que la réalité était bien en dessous de nos attentes. Un autre point qui nous a chagriné a été le comportement de la population locale vis-à-vis des touristes. Certes, il y a beaucoup de touristes qui visitent cette région de la Mongolie, mais ayant entendu tant de bien de l’hospitalité légendaire des Mongols, nous ne nous attendions pas à ce qu’il y ait aussi peu d’efforts faits pour communiquer avec nous. Bien souvent, dans les villages où nous passions, la réponse la plus courante à n’importe laquelle de nos questions était un « No » catégorique en tournant la tête. Certainement un problème de langue, mais c’est le premier pays dans lequel il nous est exprimé de manière aussi brutale.

Le gros point positif de ces 8 derniers jours à été notre rencontre avec Rosie et Matt : leur bonne humeur à toute épreuve nous a sauvé la semaine! Nous passons les deux jours suivants tous les quatre à UB.

Puis nous partons pour Kharkhorin, en Mongolie centrale, où nous démarrerons un trek à cheval de 12 jours à travers la steppe !

Pour les futurs voyageurs :
Sachez qu’il est possible de trouver à Ulaanbaator des guides/traducteurs et des chauffeurs indépendants. Pour vous donner une idée, voici un tableau des tarifs moyens (Juillet 2017) :

Taux : 1$ = 2400 Tugriks

Guide traducteur (anglais/mongol) 

35 $/jour

Chauffeur + mini-van

40 $/jour

Essence

35 $/jour pour 4 à 8h de route/jour

Nuit en ger-camp

4 $/personne/nuit (10 000 Tugriks)

Repas dans un restaurant local

2 $ (5000 Tugriks)

Entrée dans les musées 

0.85 $ (2000Tugriks)

Entrée dans les parcs nationaux

0.85 $ (2000Tugriks)

Tour en chameau/cheval (1h)

4 $/personne (10 000 Tugriks)

Les prix dans les supermarchés sont assez faibles si vous cuisinez de la nourriture de base. Seuls les fruits et légumes sont onéreux.
Certaines guest-houses proposent de vous fournir pour 110$/jour : Chauffeur avec mini-van et essence, ainsi que tout le matériel de camping dont tout l’équipement pour cuisiner. Il vous reste donc à payer la nourriture et les activités. Le mini-van peut contenir jusqu’à 6 personnes mais commence à être peu confortable à partir de 5.

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