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Russia (4) : Saint-Petersburg

Pour notre dernière étape en Russie avant de rejoindre l’Europe, nous passons quelques jours dans la ville de Saint-Pétersbourg. La capitale de la Russie impériale de 1732 à 1918, elle est aujourd’hui la 2ème plus grosse ville de Russie, ainsi que sa capitale culturelle.

Arrivés au petit matin par le train de nuit en provenance de Moscou, nous nous dirigeons tranquillement en bus vers notre auberge dans le centre de la ville. Une fois hors du bus, nous sommes tout de suite frappés par la concentration de bâtiments historiques majeurs et d’attractions touristiques dans un rayon assez faible autour de nous. Le centre historique de Saint-Pétersbourg mérite bien son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Nous commençons par nous balader tranquillement à pied pour profiter du beau temps. Première étape, direction la forteresse de Pierre et Paul, située sur une petite île en plein coeur de Saint-Pétersbourg. Peter the Great (ou Pierre le Grand) tenait à ce que la Russie ait un port digne de ce nom. Il a donc décidé de conquérir Nyenskans, une forteresse bâtie par les colons Suédois un siècle plus tôt. C’est chose faite en mai 1703. La forteresse de Pierre et Paul est ensuite construite immédiatement, constituant ainsi le premier bâtiment de la ville.

Cette forteresse est aujourd’hui un espace en libre accès où l’on peut se promener et profiter des jardins qui ont été installés à l’intérieur des remparts. Il est également possible de visiter la cathédrale centrale, ou de marcher sur la plage, au pied des remparts.

Si vous avez la possibilité d’aller la visiter vers le milieu de journée, pensez au coup de canon tiré à midi tous les jours, c’est sacrément impressionnant !

Coup de canon_Forteresse de Pierre et Paul

Nous avons ensuite continué notre balade en revenant sur la rive Est de la rivière Neva, pour rejoindre le champ de mars et sa flamme perpétuelle. On remarque à Saint-Pétersbourg une architecture définitivement plus Européenne que dans les autres villes de Russie. Cela s’explique par les architectes Trezzini (Suisse-Italien) et Le Blond (Français) que Pierre le Grand a commissionné successivement pour la construction de la ville.

Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé

En suivant le canal Griboyedov, on arrive ensuite directement sur la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang-versé.

Alexandre III commande cette cathédrale en 1883 (deux ans après l’assassinat de son père, Alexandre II)  et la fait construire à l’endroit exact où son père fut mortellement blessé, d’où son nom “sur le sang versé”. Afin que tout le monde puisse se souvenir de cet événement, un sanctuaire a été érigé à l’intérieur, où les pierres de la vieille route ont été gardées et surmontées d’un autel.

Après la révolution Russe de 1917, la cathédrale fut pillée et fortement endommagée. Elle fut ensuite fermée au public (dans les années 30). Durant la seconde guerre mondiale, lors du siège de la ville par l’armée Allemande, elle servit de dépôt à légumes, d’où son surnom de “sauveur sur patates”. Entre la fin de la guerre et les années 70, elle fut utilisée comme entrepôt pour l’opéra situé proche de celle-ci. Puis elle fut restaurée pendant un quart de siècle avant de pouvoir ouvrir de nouveau ses portes au public en 1997. C’est aujourd’hui un musée de la mosaïque .

Nous avons rarement (si ce n’est pour dire jamais) vu autant de mosaïques en même temps. L’intérieur de la cathédrale en est recouvert. Du premier regard, on pourrait croire à des peintures tant elles sont bien réalisées et nombreuses.
Attention toutefois, certaines choses sont interdites à l’intérieur de la cathédrale 🙂

Une visite qui nous a beaucoup plu et que nous recommandons fortement !

Cathédrale Saint-Isaac

Nous ne manquons pas d’aller visiter la cathédrale Saint-Isaac. Cette édifice fut terminé en 1858 après 40 ans de travaux sous la direction d’un seul architecte qui y consacra sa vie : Auguste Ricard de Montferrand. Ses dimensions démesurées (elle peut accueillir jusqu’à 14.000 personnes) en font la troisième plus grande église d’Europe (après la basilique Saint-Pierre et la cathédrale Saint-Paul).

Lors de sa construction, des milliers de pilotis en bois ont été installés pour pallier au terrain marécageux, afin de soutenir ce bâtiment de 300.000 tonnes. La coupole (de 28.5m de diamètre) fut réalisée uniquement à partir de métal : une innovation technique à l’époque ! Bien que très controversée avant sa construction, cette technique fut ensuite reprise dans d’autre projets (ponts métalliques).

Les 48 piliers de granit situés à l’extérieur pèsent chacun 114 tonnes ! Tout un système de palans a été installé sur des échafaudages pour installer ces colonnes arrivées de Finlande par bateau. Une vidéo explicative, ainsi qu’une reproduction miniature des échafaudages utilisés sont exposées à l’intérieur de la cathédrale.

Dès son achèvement, la cathédrale Saint-Isaac est le centre de la vie religieuse de saint Petersbourg et ce jusqu’à la révolution des bolcheviks où, comme la cathédrale Saint Sauveur-sur-le-sang-versé, elle fut pillée. Elle est ironiquement transformée en musée de l’athéisme en 1931 puis en musée d’histoire et de l’art.

Depuis la chute de l’URSS, quelques offices religieux ont repris dans la cathédrale et une nouvelle cloche de 10 tonnes a été installée dans le clocher (les cloches originelles furent pillées puis fondues). Le reste du temps, la cathédrale reste un musée d’art et d’histoire.

Le musée de l’Ermitage

Nous avons été un peu confus avec tous les noms donnés aux différentes parties de ce gigantesque musée, donc voici un petit récapitulatif qui nous l’espérons pourra aider de futurs voyageurs.

L’Ermitage est séparé en plusieurs parties, avec des entrées indépendantes :

  • Le “Main Museum Complex” (“musée principal”) qui comprend le palais d’hiver, le petit ermitage, le nouvel ermitage et le vieil ermitage. Une fois à l’intérieur du complexe, la visite est continue et on ne se rend pas compte que l’on passe d’une section à l’autre. Le musée principal est parfois appelé uniquement “palais d’hiver” car c’est la plus grosse section du complexe, d’où certaines confusions 🙂

  • Le “General Staff Building” ou “palais de l’état major” :  situé en face du musée principal, sur “palace square”. Vous y trouverez de la peinture datant de la fin du XIXème et du XXème siècle (Matisse, Picasso, Gauguin, Monet, Cézanne, Van Gogh…) ainsi que des expositions d’art contemporain. L’intérieur du bâtiment a été complètement rénové dans un style moderne.

À cela s’ajoutent les annexes de l’Ermitage :

  • Winter Palace of Peter the Great : Situé à côté du musée principal, on y accède par une entrée indépendante, sur les quais de la Neva. Vous pouvez y voir les quartiers de Pierre le Grand et de sa femme, ainsi que leurs objets personnels. L’expo se termine par le mannequin de cire de Pierre le Grand, réalisé par Bartolomeo Rastrelli après la mort du tsar en 1725.
  • Menshikov Palace : Situé de l’autre côté de la Neva par rapport au bâtiment principal, c’est le palais du premier gouverneur de Saint Petersbourg. Vous pouvez y voir une reconstitution des décorations intérieures de l’époque de Pierre le Grand ainsi qu’une exposition sur la “Culture de la Russie dans le premier tiers du 18ème siècle”.
  • The Museum of the Imperial Porcelain Factory : vous pouvez y voir plus de 30.000 objets (porcelaine, verre, dessins, photographies) ainsi qu’une expo sur l’histoire de la porcelaine russe.

 

Pour les tickets, il existe différentes options :

(1) Achat sur place le jour même

a. Ticket d’entrée pour la journée donnant accès au Musée principal, au General staff building et aux annexes  :  700 Roubles (400 roubles si vous êtes de nationalité russe ou Biélorusse). Attention, le ticket vous donne droit à une seule entrée par bâtiment, toute sortie est définitive.
b. Ticket d’entrée pour chaque annexe : 300 roubles
c. Le musée est gratuit pour les enfants et les étudiants. Il l’est aussi le premier jeudi de chaque mois pour tout le monde. Il faut faire la queue pour obtenir un “billet gratuit” avant de pouvoir rentrer.

(2) Achat en ligne

a. Ticket 1 jour  pour le musée principal et le general staff building: 17$95
b. Ticket 2 jours pour le musée principal, le general staff building et les annexes : 23$95

Sachez que les files d’attentes pour acheter les tickets peuvent être longues (parfois plus d’une heure), tout comme la file d’attente pour entrer dans le musée. Des machines automatiques permettent d’acheter les billets à 700 roubles (uniquement) dans la cour du palais d’hiver (évitant ainsi la queue de la billetterie). Les heureux possesseurs de billets achetés en ligne ont le droit à une entrée spéciale (au niveau du petit ermitage) où l’attente est quasi inexistante (en contre partie, le billet est plus cher si vous n’y allez qu’une seule journée).

Situé entre la Neva et la colonne d’Alexandre, c’est l’un des plus célèbres, des plus anciens (1764) et des plus importants musées d’art au monde. Il est gigantesque !

L’Ermitage se dispute d’ailleurs le titre de plus grand musée au monde avec le musée du Louvre (Paris). L’Ermitage le détient par son nombre d’objets (plus de 65.000 pièces exposés et 2,7 millions dans ses réserves contre 35.000 pièces exposés pour le Louvre) tandis que le Louvre le détient par sa surface d’exposition (plus de 72.000 m2 contre 66.000 m2). Subtile hein ?

Le nom de l’Ermitage vient à l’origine du bâtiment du petit ermitage. C’était le lieu de retraite de Catherine II (1729-1796), où elle entreposait les premières peintures dont elle fit l’acquisition. C’est aujourd’hui le bâtiment où se trouve la fameuse “horloge du paon”.

Fabriquée par le joaillier britannique James Cox dans les années 1770, elle fut achetée par Catherine II pour la collection de l’Ermitage. C’est aujourd’hui l’un des symboles du musée. L’horloge fonctionne toujours et les animaux peuvent entrer en mouvement mais afin de la préserver, elle n’est remontée que pour des occasions spéciales. Une vidéo tourne en boucle à côté de l’horloge pour présenter son fonctionnement.

Ce musée est tellement grand qu’il faut faire des choix durant la visite. Il est impossible de tout voir tant les collections sont denses. Tellement denses que la disposition particulièrement serrée des peintures a reçu le nom d’“accrochage pétersbourgeois”.

Le bâtiment quant à lui est splendide et est tout aussi agréable à admirer que les œuvres présentées.

Le grand escalier à l’entrée du palais d’hiver, dit “Escalier du Jourdain” est particulièrement  grandiose.

Le nombre de chefs-d’oeuvre abrités à l’intérieur de ces murs est incroyable, pour ne citer que quelques noms d’artistes : Léonard de Vinci, Raffaelo, Michelangelo, El Greco, Velasquez, Ribera, Goya, Canaletto, Rubens, Rembrandt, Frans Snyders, etc.

Outre des peintures et des sculptures, il y a aussi tout une collection de pièces de monnaie, d’armures, de vêtements d’époque…

    

Dans le bâtiment de l’état major, on fait un saut dans le temps ! Un autre lieu où sont conservés des chefs d’oeuvre, plus récents cette fois. Vous pouvez admirer des travaux de Monet, Renoir, Cezanne, Pissaro, Gauguin, Picasso, Degas, Matisse, Kandinsky, Van Gogh, Rodin, et tant d’autres.

Nos avons visité le musée un mercredi, une chance car le musée fait une nocturne ce soir là et ferme à 21h. Dès 18h, l’essentiel de la foule s’en va et la visite est d’autant plus agréable.
Nous avons essayé de profiter un maximum de notre journée (10h-21h) mais nous conseillerions à de futurs visiteurs, s’ils en ont la possibilité, de planifier au moins deux jours pour visiter les différentes parties de l’Ermitage. Il y a tant à voir !

Saint-Pétersbourg a beaucoup plus à offrir que ce que nous décrivons tout au long de cet article, mais le temps presse : notre visa expire d’ici peu et nous devons quitter la mère patrie. Ce n’est que partie remise, nous reviendrons à coup sur découvrir ce beau pays en hiver 🙂

 

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